Skolkovo, quelle technopole pour Modern Russia ?

 

 

 

 

Préambule :

 

La création d'une technopole dans la banlieue de Moscou mobilise les énergies en Russie. L'innovation et l'entreprenariat ont eu une place de choix dans les discours des responsables russes depuis l'élection de Dmitri Medvdev. Passant à l'action, depuis 2010, des millions de dollars ont été investis par l'Etat et ses partenaires, avec comme objectif de faire de Skolkovo un centre technologique de premier plan, regroupant     start-ups, multinationales, centres de R&D, laboratoires et universités. Ce cocktail devrait, selon eux, ramener l'innovation dans les contrées russes.

 

Nous pouvons nous demander ce que l’on peut attendre de Skolkovo dans une Fédération de Russie dynamique mais gangrénée par la corruption, jouissant sur le papier d'une culture scientifique solide mais où la bureaucratie est reine et où le champ des possibles vastes est réduit par une négation de la propriété privée intellectuelle. Les dollars des grandes sociétés travaillant dans le secteur des hydrocarbures, détenues en partie par l'Etat russe ne seront pas de trop pour mener à bien le projet: construire les infrastructures, financer les start-ups, payer les cabinets de consultants et professeurs...

 

Qu'est ce qui a donc bien poussé les dirigeants russes à se lancer dans ce projet de modernisation du pays ayant comme symbole Skolkovo ? Quelles perspectives à terme pour le projet: une "Silicon Valley" rutilante, un complexe immobilier obsolète ou l'entre deux pour Modern Russia ? Quelles seront les priorités du projet ? Quels seront les partenaires internationaux et financements pour le projet ? Nous essaierons de répondre à toutes ces questions, de porter un éclairage sur Skolkovo et les relations entre la "nouvelle Russie", l'innovation et l'entreprenariat.

 


SKOLKOVO, quelle technopole pour Modern Russia ?

 

I)              L’innovation et la Technologie, clef de la puissance au XXIème (p.3)

A.    Skolkovo, vers une plus grande diversification de l’économie (p.4)

B.    Une image 2.0 de la Russie, pour un pays plus créatif et ouvert  (p.6)

C.   L’entreprenariat et l’innovation, les vecteurs de la performance  (p.9)

 

II)             Skolkovo, le projet décortiqué  (p.15)

A.    Les priorités de fonctionnement du Technopôle (p.15)

B.    Skolkovo: coopérations et financements étrangers (p.28)

C.   L’incubateur: des avantages non négligeables pour les start-up participantes (p.41)

D.   Le projet d’urbanisme à Skolkovo (p.45)

E.    Le développement d’un pôle universitaire de pointe (p.51)

F.    Skolkovo, l’équipe d’encadrement (p.54)

 

III)           Au-delà du projet, Skolkovo face aux défis de l’implémentation : (p.58)           

A.    Un projet Top Down, devant promouvoir le Bottom-Up au quotidien (p.58)

B.    Skolkovo, Medvedev, Poutine, 2012 (p.62)

C.   Interview on Skolkovo with an Independant Expert and Russian Phd (p.66)

D.   La bureaucratie, la corruption et le nihilisme juridique trois obstacles au projet  (p.68)

E.    3 scénarios pour Skolkovo (p.71)

 

Bibliographie (74)

I) L’innovation et la Technologie, clef de la puissance au XXIème:

 

A) Skolkovo, vers une plus grande diversification de l’économie. 

 

John Beyrle, ambassadeur des Etats Unis à Moscou, déclarait lors d’une conférence auprès d’étudiants que la Russie se heurtait à deux problèmes majeurs: la corruption et l’absence de diversification de l’économie russe. L’ambassadeur des USA étayait son discours par un chiffre: « 60% du produit intérieur brut de la Russie provient de la terre. Ce n'est pas un modèle d'économie moderne » (Rianovosti 2010). La Fédération de Russie bénéficie de ressources naturelles inégalées. De facto, elle est le plus gros exportateur de matières premières au monde (gaz, pétrole, métaux, bois). Elle tend donc naturellement vers l’économie de rente. Cette richesse qui est la force de la Russie est pour Dmitri Medvedev aussi sa faiblesse. L’industrie soviétique s’est essoufflée après 1992, elle n’est que très peu compétitive face à ses concurrents internationaux, survivant grâce à des barrières douanières, des aides de l’Etat et du défi logistique que représente la Russie pour les multinationales.

 

Ce phénomène économique reliant exploitation des ressources du sol et du sous-sol et industrie du pays est appelée la “maladie hollandaise”. En 1960, la découverte de grands gisements  dans la province de Groningue entrainait le déclin de l’industrie nationale. Les économistes pointent notamment deux effets:

 

1.     Un déplacement de la main d’œuvre la plus qualifiée vers les métiers qui touchent à la situation de rente, en Russie l’exploitation du sol et du sous-sol (ingénieurs, techniciens, administratifs).  Ce secteur propose aux employés des rémunérations supérieures à la moyenne nationale. La main d’œuvre, le capital humain n’est pas indéfiniment extensible d’autant plus que la Russie fait face à un défi démographique, On constate donc un phénomène d’aspiration de la main d’œuvre dans des secteurs peux innovants et créatifs générant peu de valeur ajoutée

 

2.     “effet revenu”: ce secteur créera des revenus supplémentaires à la disposition des agents économique du pays ce qui accroîtra la demande de Biens. L’Etat en tant qu’agent économique redistribuera une partie de la manne dans des programmes d’infrastructures (routes, ponts) par exemple, générant des revenus supplémentaires. Cette demande supplémentaire entraîne une hausse des prix, on peut voir apparaître un effet d’éviction. Ainsi la hausse des prix (main d’œuvre, matières premières, loyers locatifs) est incorporée dans les couts de production de l’industrie nationale, la rendant moins compétitive. Importer devient plus intéressant que produire localement ce qui entraine une  désindustrialisation de la Russie et plus généralement des pays producteurs d’hydrocarbure.

 

La crise financière qui a bouleversé l’économie mondiale ces deux dernières années a fait chuter très fortement les prix de ces matières premières. Les cours en bourse des champions nationaux (Gazprom, Rosneft, Loukoil, Sibneft) se sont effondrés, une véritable déconfiture. Le pays dans l’ensemble a souffert de cette spécialisation historique. « La tâche essentielle est de surmonter les conséquences actuelles de la crise et de créer une nouvelle structure économique. Nous avons passé beaucoup de temps à jeter les bases d'une économie moderne dans notre pays. Malheureusement le niveau de diversification en Russie reste extrêmement bas » à déclarer Dmitri Medvedev à la chaine de télévision CNBC. Le pays serait pour lui, « l'otage d'un structure économique créée au fil des décennies » (Rianovosti 2009). L’effondrement des cours à montrer aux pouvoirs politiques russes leurs dépendances aux cours mondiaux. Gageons que ne se fut pas une expérience très plaisante pour ces hommes ayant été élevés dans une grande puissance.

 

Le projet Skolkovo s’inscrit dans la politique de diversification du président Dmitri Medvedev. Il en a même fait son symbole. La reprise économique (notamment des pays émergents) permet aujourd’hui le retour des pétrodollars en Russie. L’occasion pour les dirigeants russes d’essayer de contrer les effets de la « maladie hollandaise » et de la désindustrialisation en investissant spécifiquement dans certains secteurs stratégiques que les dirigeants russes souhaitent développer ou renforcer. 

 

 

B)                  Une image 2.0 de la Russie, pour un pays plus créatif et ouvert.

 

De 1947 à 1992, le monde nous apparait divisé en deux, entre bleu et rouge, entre bloc capitaliste et soviétique.  La dislocation de l’URSS, la défaite du modèle soviétique, sonne le glas de ce modèle manichéen. En 1992, il n’y a pas de nouveau Yalta, toutes les cartes ne sont pas clairement redistribuées directement dans les mains des vainqueurs occidentaux. La Russie héritière de l’URSS établit une nouvelle doctrine. Elle plaide dans les grandes institutions internationales pour l’émergence d’un monde multipolaires. La Russie trouve donc sa place à côté du Brésil, de l’Inde, de la Chine, des puissances grandissantes.  Elle a un rôle important à jouer dans la sécurité énergétique mondiale et possède un arsenal nucléaire stratégique effrayant.

 

Les BRICS affichent des taux de croissance que le vieux monde envie. Les 40 plus grandes entreprises françaises (CAC 40) essayent d’en profiter en étant présentes sur les marchés émergents. Les BRIC cherchent à s’allier entre eux, trouver des axes de développement, l’Inde pourrait être un partenaire de Skolkovo notamment dans le secteur des TIC. Toutefois, ils sont aussi et surtout concurrents, cherchant à développer des industries nationales tout en attirant les capitaux étrangers. La Russie face à la Chine, l’Inde, le Brésil à la fois du mal à être compétitive industriellement et attirante pour les investisseurs. La Russie occupait la 120ème place sur 183 en 2010 dans une étude réalisée par la Banque Mondiale et l’IFC portant sur les investissements étrangers (International Finance Corporation). 

 

L’influence de la Fédération de Russie dans les affaires internationales ou du moins sa capacité à rassembler autour de ses doctrines déclinent. Ainsi le 25 aout et suite à la guerre avec la Géorgie, la Russie reconnaissait l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Les pays occidentaux ont très rapidement réagi en ne reconnaissant pas l’indépendance de l’Ossétie du Sud. La Russie n’a pu obtenir que difficilement le soutien du Nicaragua, des  iles Nauru et du Venezuela. Anciennement unie aux pays de l’Europe de l’Est par le pacte de Varsovie, elle a du mal à accepter la présence grandissante de l’Europe et de l’Otan près de ses frontières. La Biélorussie, un allié traditionnel, n’a d’ailleurs pas encore reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Une politique isolationniste menée par les Etats Unis est certes peut être à l’œuvre, la Russie se raidit de toute façon sur des positions typiques de l’ancien pouvoir politique soviétique. Dans le même temps de nouveaux challenges apparaissent, la Russie n’a peut-être pas vue surgir assez tôt le géant chinois sur ses frontières à l’Est, des frontières qu’elle a tant de mal à contrôler.

 

Les règles du jeu ont changé aujourd’hui, faisant la part belle au business international. La Russie souhaite avoir une part du gâteau, officiellement elle veut attirer des partenaires et investisseurs européens qui sont bien souvent déjà plus présents chez ses camarades BRIC. La Russie n’est pas encore membre de l’OMC alors que le brésil, la chine et l’inde le sont. Ces positions militaristes (défense du glacis continental traditionnel) sont difficilement compréhensibles pour les investisseurs occidentaux, habitués à des relations plus amicales avec leurs partenaires. A cela s’ajoute des problèmes internes: les deux guerres en Tchétchénie (100 000 à 200 000 victimes civiles et militaires), les attentats ayant touché la Russie (Domodedovo en est le dernier exemple), la corruption, l’espérance de vie des hommes, l’immigration des cerveaux ne participent pas à l’établissement d’une image positive. Certains accords signés en grande pompe ne doivent pas cacher la faiblesse des investissements internationaux dans le pays, ce que pointait Arkady Dvorkovitch, le conseiller économique du président Dmitri Medvedev.

 

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Ces considérations doivent être mises en relation avec Skolkovo. Aujourd’hui, les investisseurs internationaux viendront en Russie pour investir dans des secteurs autres que les hydrocarbures (ce que les dirigeants appellent de leurs vœux) si seulement la Russie continue à développer une image stable, positive et compréhensible pour ses partenaires. C’est surement pour cela que lors d’une réunion avec les ambassadeurs et représentants permanents à l’étranger, Dmitri Medvedev déclarait: « Les axes principaux (du processus de modernisation) doivent être connus par nos diplomates » (Rianovosti). Pour Dmitri Medevdev,  la Russie devrait employer sa politique étrangère à la résolution des problèmes internes, dont la modernisation de l'économie.  En communiquant sur le projet Skolkovo, la pierre angulaire du processus de modernisation du Kremlin, le pouvoir politique russe essaye de construire une nouvelle image pour la russie, une Russie moderne et innovante ouverte aux partenariats internationaux. Pour que cette image soit parfaite, il faudrait que les recherches à Innograd ne portent  pas seulement sur des projets de “machines de guerre”, secteur dans lequel les russes ont toujours excellé.

 

 

 

C) L’entreprenariat et l’innovation, les vecteurs de la performance.

 

L’innovation et l’entreprenariat sont des moteurs fondamentaux de l’économie. C’est par ces deux activités phares qu’Apple, Google, Intel, Cisco sont nées.  Steve Jobs est avant tout un entrepreneur technologique. Sa capacité à oser, à créer et à innover l’ont conduit à fonder Apple et à faire de Pixar un des leaders mondiaux de l’industrie du divertissement. L’état d’esprit pionnier et innovant mis en valeur aux états unis ne doit non plus pas être oublié. Le climat pour les entrepreneurs technologiques est sûrement plus favorable aux Etats Unis plutôt qu’en Russie. « L'entrepreneur a toujours mauvaise réputation en Russie. C'est la clef du problème ! La majorité de nos jeunes veulent travailler pour Gazprom ou dans l'administration, souligne. Dans nos universités, les cours sont trop théoriques. Les professeurs viennent, lisent leurs leçons et repartent. Comment voulez-vous que cela forme des étudiants tournés vers l'innovation et le concret ? » (Les Echos) soulignait Vadim Koulikov, à la tête d'un centre finançant des start-up. Skolkovo doit participer à faire changer les choses en créant une nouvelle dynamique, un écosystème de start-ups en Russie. 

 

Pour l’entreprise, l’innovation revêt une dimension stratégique, elle permet de surpasser l’offre des concurrents et s’inscrit dans la durée. La construction ou le maintien de l’avantage concurrentiel dépend de l’innovation. L’entreprise en innovant engendre de la différenciation positivement, son offre sera plus difficilement imitable pour des concurrents. L’innovation contribue à proposer une offre suffisamment originale pour que des clients soient incités à l’acheter à un prix plus élevé. L’innovation peut aussi générer des baisses de couts de production et permettre infine à l’entreprise de proposer une offre conforme aux standards du marché mais à un prix plus attractif pour les clients. L’innovation incorporée dans les offres d’entreprise, accompagnée d’une politique de marketing efficace est donc synonyme de performance.

 

L’innovation technologique est ou a été une des priorités des politiques industrielles (allemande, américaine, japonaise, française...). Les pays dont les entreprises innovent proposent une offre globale avec plus de valeur ajoutée et sont donc plus performants à l’export et cela durablement. Le déficit commercial (hors services) de la France a atteint le record historique de 39,171 milliards d'euros en 2007 alors que la Fédération de Russie affichait elle un excédent de 8,6222 milliards d’euros. Premièrement, ces chiffres nous montrent l’importance du rôle des hydrocarbures et de la facture énergétique dans la balance commerciale des pays, deuxièmement nous pouvons voir qu’aujourd’hui il n’est pas vital pour la Russie d’innover, les dollars rentrent dans les caisses de Gazprom et de l’Etat.  La Fédération de Russie est le plus grand pays du monde, les matières premières ne manquent pas, la spécialisation dans l’exploitation de ces ressources a donc été naturelle, elle est aujourd’hui historique. Une spécialisation trop poussée entraine une dépendance De nombreux pays n’ont pas la chance d’avoir un avantage absolu sur leur territoire (hydrocarbure pour la Russie), le Japon par exemple a dû mettre en place une politique industrielle volontariste (filière automobile - Toyota Production System - Ecole de gestion du Lean)  pour incorporer de la valeur ajoutée à ses produits dans le but d’exporter sa production industrielle, créer de la valeur et développer le pays.

 

La Russie a déjà réussi à mener à bien des programmes d’innovation lorsqu’elle le jugeait vraiment nécessaire. Durant la guerre froide, la Russie ne pouvait vendre aussi facilement qu’aujourd’hui du gaz et du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux, clef de sa puissance. Elle doit alors innover dans un domaine que le pouvoir politique jugeait vital pour sa survie, les programmes d’armement et de défense, explorer l’espace... Ces programmes découlent sur de nombreuses innovations technologiques: explosifs atomiques, sous-marin à propulsion nucléaire, missiles et anti-missiles, biologie. Les programmes nucléaires civils russes comme français d’ailleurs découlent d’investissements militaires importants en R&D post-45 jugés stratégiques. Le complexe militaro-industriel russe aujourd’hui est un des rares compétitif à l’export et est directement issu de cet effort.

 

La transition vers une économie de marché semble avoir laissé de côté la R&D. Les nouveaux acteurs économiques se sont dirigés vers des activités de distribution, d’exploitation des ressources cherchant à récupérer leurs investissements de départ le plus rapidement possible tandis que la R&D semble être une activité réservée à l’Etat et à l’administration, Skolkovo en est encore l’illustration.

 

« En Russie, le problème n'est pas entre l'entreprise et l'innovation. Mais entre l'administration et l'innovation. Nous vivons dans une économie de monopoles, où des monstres industriels ont créé des dépendances. Skolkovo risque de devenir à son tour un monstre. Au Kremlin, ils ont compris la nécessité de bouger. Mais, en dessous, de puissants lobbies poussent au statu quo car, corruption oblige, ils n'ont aucune raison de changer leurs habitudes » Les Echos.

 

Il est d’autant plus nécessaire de bouger que les joyaux technologiques issus des programmes de R&D de l’URSS vieillissent: avions, fusées, centrales ont besoin de programmes de rafraîchissement s’ils veulent rester compétitifs à l’international. Les grandes entreprises d’Etat dans le secteur des hydrocarbures ont le même problème, un déficit d’innovation. Pour explorer les champs de gaz et de pétrole dans le grand nord, elles doivent donc passer par des entreprises occidentales plus avancées en terme de technologie et qui ont fait les investissements nécessaires en amont comme Shell, BP, Total et doivent donc partager les profits. Le directeur de l’innovation de Shell concluait son discours à la Skolkovo Business School par: “Il est très difficile d’être innovant dans des entreprises appartenant à l’Etat et travaillant sur des pipelines”. Une bonne solution serait d’externaliser une partie de l’innovation à des PME technologiques russes travaillant à Skolkovo.

 

 

 

Dmitri Medvedev a fait de Skolkovo son projet. Il a d’ailleurs déjà exprimé le souhait, si il ne se présentait pas en 2012 ou ne gagnait pas la campagne, de reprendre sa carrière professionnelle en tant que professeur au sein de Skolkovo. Lors de sa visite officielle aux Etats Unis en Juin 2010, Dmitri Medvedev s’est d’abord dirigé vers la Californie et la Silicon Valley avant de rencontrer Barak Obama à Washington. On peut sentir un certain changement dans les priorités de Dmitri Medvedev en tant que président de la Fédération de Russie. Lors de sa visite dans la Silicon Valley, il a rencontré les représentants des entreprises Cisco, Twitter (où il a ouvert un compte: KremlinRussia), Apple, Google. Le président voulait découvrir la Silicon Valley et son ambiance et apporter un message aux possibles investisseurs américains: “La Russie a changé” (Financial Times). La visite du président russe s’est conclue par une allocution à Standford en présence de Condoleezza Rice et George Shultz.

 

Citations du discours de Dmitri Medvedev à Standford (Standford University News):

1.     « Je voulais voir de mes propres yeux les origines du succès » 

2.     « Personne ne veut courir le risque » (d’entreprendre en Russie)

3.     « C'est aussi un problème de culture, Steve Jobs m'a dit aujourd'hui que nous devions avant tout changer d’état d’esprit »

4.     « La Russie tente de devenir un pays ouvert » (aux partenariats).

 

Standford a eu un rôle important dans le développement de la Silicon Valley. Elle a bénéficié de nombreux programmes et subventions de l’Etat américain après la seconde guerre mondiale comme Boston et le MIT. Les financements de l’Etat permettent le décollage mais ne garantissent pas le succès. « Stanford est un endroit où les gens les plus brillants et les jeunes du monde entier viennent pour quelques années” “Puis ils vont dans la Silicon Valley avec leurs idées. » (Mr Plummer, doyen de la faculté d’ingénierie pour The Standford Report). Dmitri Medvedev souhaite reproduire la même ambiance au sein des universités développées sur le site de Skolkovo (SIST, Skolkovo Business School)

 

Aux vues des investissements  levés, cette visite est un succès. Elle s’est traduite par les premiers partenariats entre la Fondation Skolkovo et des sociétés américaines, des sociétés comme Cisco et Boieng se sont engagées à participer au projet. Le gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger s’était aussi engagé à une contre visite à Moscou. Le gouverneur de la Californie ne s’est pas rendu seul à Moscou, il était accompagné d’une délégation de Businessmen et d’investisseurs. Craig Barrett, co-président de la fondation Skolkovo, Jeffrey Henley, président d’Oracle et Dan'l Lewin, vice-président du département économies émergentes de Microsoft étaient parmi eux.

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Medvedev que Schwarzenegger a qualifié de visionnaire a eu un rôle déterminant dans la mise en place du projet Skolkovo. Son statut de Président de la Fédération de Russie, sa volonté de moderniser le pays exprimée en 2009 dans le document Go Russia! et ses connections avec les libéraux et les oligarques dont il a le soutien lui ont permis de lancer rapidement le projet Skolkovo, d’une manière d’ailleurs plus ou moins arbitraire. On peut d’ailleurs se demander si Dmitri Medvedev s’étant engagé à suivre la politique menée par Vladimir Poutine lors de ses deux précédents mandats de 2000 à 2008, la modernisation technologique et le projet Skolkovo qui en est le symbole n’est pas sa marge de liberté vis-à-vis de la politique de son mentor.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II) Skolkovo, un projet décortiqué.

 

A) Les priorités de fonctionnements du technopôle :

 

 

 

1)  Le pôle nucléaire:

 

La Russie aujourd’hui possède 31 réacteurs nucléaires civils bien souvent hérités de l’URSS, c’est le 4ème parc de réacteurs nucléaires au monde. 11 sites sont aujourd’hui en construction en Russie. Rosatom, l’agence fédérale de l’énergie atomique russe supervise ces programmes. Rosatom est un des deux plus gros partenaires Russes de Skolkovo.  Le président de Rosatom, Sergueï Kirienko préside aussi Atomenergoprom, holding créé en 2007 regroupant l’industrie nucléaire russe.

 

 

La raison d’être de Skolkovo, c’est l’innovation. Or à la lumière de Fukushima et de la sortie de l’Allemagne du nucléaire, l’industrie dans ce secteur doit plus que jamais apporter  des solutions pour garantir la sécurité de ses solutions en innovant, trouver un second souffle ! Ce qui a mené des Etats comme l’URSS, la France de De Gaulle, les Etats-Unis à développer des programmes de R&D sur le nucléaire dans les années 50, c’est avant tout des programmes militaires, le développement des arsenaux nucléaires. Les scientifiques de l’URSS ont alors acquis une grande expérience. Aujourd’hui, une des missions officielles de Skolkovo est de conserver et d’améliorer ce capital de savoir sur l’atome stratégique. La Russie possède encore aujourd’hui de nombreux réacteurs réservés à la recherche et à au secteur militaire.

 

Grâce au projet atomique soviétique russe, les chercheurs ont réussi à mieux maîtriser le contrôle des radiations et les ondes magnétiques. Ces avancées ont permis la création de nombreux équipements comme les accélérateurs à particules,  des détecteurs de radiation, des lasers, des microscopes et des télescopes, les ondes à hautes et basses fréquences. Ces technologies sont petit à petit sorties du domaine militaire pour envahir le domaine civil, le micro-onde en est un exemple. Skolkovo pourra permettre de renforcer les synergies dans le secteur en Russie et infine nous pourrions voir surgir de nouvelles innovations. Les responsables du projet pointent notamment le domaine des solutions nucléaires pour la médecine. Le nucléaire a été une des forces de l’URSS. C’est aujourd’hui un des points forts de l’industrie russe à l’export. Il n’est donc pas surprenant que le nucléaire soit un pôle à part entière à Skolkovo. Investir dans le nucléaire, c’est pour les Russes déjà préparer l’après hydrocarbure.

 

Les priorités du secteur du nucléaire en Russie et à Skolkovo

      Augmenter la compétitivité de l’offre globale (équipement plus services) de la filière nucléaire énergétique russe.  Il est ici principalement question de rafraichir les technologies utilisées dans l’ensemble des centrales nucléaires proposées par l’industrie russe.

      Innover et créer de nouveaux produits en se concentrant par exemple sur le marché des petits réacteurs, une niche à forte croissance.

      Diversifier la filière progressivement  en se tournant vers d’autres industries. Des transferts de technologies sont possibles vers de nouveaux acteurs: la médecine, les systèmes de détections, création de nouveaux matériaux.

 

 

2)  Le pôle informatique et télécommunications à Skolkovo:

 

« Malgré une rentabilité énorme et un gros potentiel de croissance du secteur des TIC russe, de nombreuses entreprises occidentales restent circonspectes face au marché russe » (PMRpublications - Pawel Olszynka). La cité de l’innovation « Innograd » doit permettre de faire sauter le pas à ces entreprises qui hésitaient à investir en Russie. Skolkovo doit donner un certain nombre d’avantages et de garanties inclus sur le papier. Dans les faits, de grandes sociétés américaines du secteur des TIC se sont bien jetées dans le bain comme Cisco, Intel, IBM et d’autres se sont engagées à être présentes physiquement en 2015 sur le site de Skolkovo.

 

 

Le secteur des TIC est un secteur qui s’est plutôt bien porté depuis 1992. Selon l’institut du développement contemporain, les TIC sont un des deux piliers de la croissance en Russie aux cotés des matières premières, ce secteur aurait connu une croissance 4 fois plus forte que dans les autres secteurs. Les Russes font preuves d’un certain talent dans le domaine de la programmation (technique comme créativité). De plus, ils peuvent fournir une tarification attractive pour les grandes multinationales.  Pour autant l’industrie des TIC Russe n’a pas connu le même développement que celle de l’Inde, son confrère BRICS. Le nihilisme juridique, le manque d’infrastructure, la période d’instabilité de 1992-2000 ont surement été un facteur clef freinant le développement du secteur.

 

En février 2011 les deux entreprises russes du secteur des TIC Yandex (moteur de recherche) et le Laboratoire Kaspersky (antivirus) se classaient  dans le top 50 des sociétés innovantes de Fast Company. 

 

Ourvant Parfentiev du Centre des technologies internet en Russie expliquait :

 

« Pour le secteur informatique russe,  il est sans doute honorable de figurer dans les classements internationaux. Malheureusement, la Russie actuelle donne souvent l’image d’un Etat qui n’est riche que par ses pipelines. Même si l’on parle des succès russes dans le domaine informatique, il s’agit le plus souvent des exploits des pirates informatiques. Ce Top-50 est certainement le signe d'une reconnaissance internationale du professionnalisme et des progrès des compagnies russes. Cela aura un impact positif non seulement au statut de ces dernières mais aussi à l’image de la Russie à l’étranger » (Voix de la Russie).

 

Fin mai, Yandex réussissait brillamment son entrée sur le NASDAQ, la société était valorisé 8 milliards de dollars. A propos de Skolkovo, les officiels de Yandex ont habilement déclarés: « Le projet Skolkovo est fait pour les Startups, de nouvelles sociétés pour qui des conditions spéciales et des avantages sont nécessaires. Yandex, après tout, est une entreprise à part entière qui possède son propre centre appelé Yandex » (La Tribune).

 

Alexander Turkot est le directeur du Cluster IT. Il a travaillé chez IBM dès 1991, il aura l’occasion de diriger des projets IT aux USA, en Israël, au Japon, en Afrique du Sud, en Suisse, en France et en Angleterre. Il a été le directeur de Myspace Russia de 2007 à 2009. Le directeur du Cluster et son équipe auront en premier lieu un rôle de détection et de prévision. Ils sont aidés dans cette tâche par la société McKinsey.  Ils ont dû déterminer qu’elles étaient les priorités du pôle avant de déterminer à quelles startups allouer les premières bourses. Ils doivent dans un deuxième temps montrer les avantages du projet Skolkovo et plus particulièrement du Cluster IT pour attirer à la fois des Start-ups ambitieuses qui pourraient choisir de domicilier leurs acticités autres parts. Vidéo de présentation en Russe http://www.youtube.com/watch?v=ZqITN8NGp58:  

 

Les objectifs du département IT en 2011:

      lancer 30 nouveaux projets grâce aux bourses allouées.

 

      développer un réseau de centres de recherche IT avec des partenaires clefs qui se sont déjà engagés comme Cisco, Intel, Microsoft, Boeing et les universités.

 

      Promouvoir l’innovation et l’entreprenariat auprès des étudiants, des ingénieurs et jeunes chercheurs. (Smart People, Universités, Incubateurs, etc…)

 

 

Les priorités de fonctionnements du Cluster TIC:

      Une nouvelle génération de moteur de recherche (Google, Yandex Bing, Baïdu, …)

      Applications Mobiles.

      Systèmes de contrôle embarqués

      Le nouveau Web, Web des objets, Web 2.0, Web 3.O

      Des solutions d'ingénierie complexes

      la technologie de transfert de données et le stockage

      TICs vertes?

      Logiciel pour les secteurs financiers et bancaires

      Sécurités Informatiques

      TIC et la médecine

      Réseaux sans fil

      TIC dans l’éducation

 

 

 

3)  Pôle Efficacité Energétique à Skolkovo:

 

Si les pôles nucléaires et IT ont vocation à pousser des technologies bien maitrisées par les scientifiques russes, il en est tout autre pour le pôle Efficacité Energétique.

Grâce à ce pôle, il est bien question de former des spécialistes russes moscovites à ce qui se fait de mieux dans le monde grâce à des partenariats puis dans un deuxième temps de les répandre dans  le vaste territoire russe. Les préoccupations environnementales n’ont jamais été la préoccupation du soviétisme, (catastrophes nucléaires et environnementales, cimetières nucléaires en sont la preuve) celui-ci prônant la supériorité de l’homme rationnel et de son allié la machine sur la nature. D’autant plus qu’avoir autant de ressources naturelles dans son sous-sol ne pousse pas à l’économie et à l’efficience.

 

La Russie, comparé à d’autres pays développé, est le pays avec la plus forte consommation d’énergie loin devant d’autres pays ayant la même position géographique comme le Canada ou la Finlande. La Russie est donc un marché très intéressant pour les spécialistes de l’efficacité énergétique puisqu’il y a beaucoup à faire. Un accord sur l’efficacité énergétique a d’ailleurs été signé entre la France et la Russie: « Les potentialités qu’il ouvre à nos entreprises sont importantes, la Russie étant détentrice de 50% des réseaux de chaleur mondiaux » (Ambassade de France en Russie). Ekaterina Dyachenko, la directrice du cluster,  compte s’appuyer sur de nouvelles start-ups créées à Skolkovo pour attirer les capitaux et spécialistes étrangers en Russie.   

 

Le cluster devra développer des solutions sur toute la chaine de l’énergie de sa production à sa consommation par des particuliers ou l’industrie. Le cluster de l’efficacité énergétique à Skolkovo aura dans un premier temps trois secteurs prioritaires: la production, le transport de l’énergie, sa consommation par l’industrie.

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1.     Les centrales nucléaires russes font partie des centrales les moins efficientes énergétiquement. 

2.     Entre 15 et 17% de l’électricité produite est perdue (gaspillée) lors du transport sur les lignes contre 7% en Europe.

3.     L’industrie russe est très énergivore. Les secteurs de la métallurgie, du pétrole et du gaz sont connus pour être de gros consommateurs d’énergie.

 

 

En 2011, le Cluster avait comme priorités:

 

      Pour le logement et les services publics:

 

- Matériaux, technologies et solutions d'ingénierie pour augmenter l'efficacité énergétique des logements et des services publics, les infrastructures municipales

- Des solutions innovantes dans la gestion de la distribution de chaleur (photo: réseaux de chaleurs - Moscou).

 

      Pour les réseaux d'alimentation électrique:

 

- Technologies pour améliorer le stockage de l’électricité - élaboration d’accumulateurs d'énergie électrique.

 

      Exigences pour les systèmes d'accumulation d'énergie dans les réseaux

 

- Technologies pour la conception des équipements et technologies pour protéger les réseaux électriques de l'influence du climat externe

 

 

 

 

 

4)  Le pôle Espace:

 

L’exploration de l’espace débute dans les années 50. Les Etats-Unis et l’URSS vont envoyer des sondes spatiales, des animaux puis des hommes à sa conquête. La Fédération de Russie a fêté le 50ème anniversaire du premier vol spatial et piloté. Gagarine à bord de son vaisseau Vostok décollait le 12 avril 1961. Ces vols permettaient à l’homme de s’ouvrir un nouveau territoire, ils permettaient aussi à l’URSS de développer de nouveaux missiles nucléaires stratégiques. Au début des années 80, Ronald Reagan lance l’IDS. L’initiative de défense stratégique souhaite développer  un bouclier anti-missile neutralisant les missiles stratégiques. L’IDS aurait accéléré le déclin de l’Union Soviétique, l’engageant dans un programme de défense trop lourd affaiblissant son système économique planifié.

 

La Fédération de Russie a hérité du savoir accumulé lors de cette course aux étoiles. Cette expérience et  ce savoir-faire des russes se traduisent dans les faits par les lanceurs Soyouz et Proton (concurrent d’Ariane 5) et la base de Baïkonour. Les lanceurs comme la base ont été conçus dans les années 60. Les versions modernisées de ces lanceurs sont toujours appréciées aujourd’hui du fait de leurs fiabilités et de leurs faibles coûts de production. 1768 fusées Soyouz ont été lancées dans l’espace avec un taux de fiabilité de 98%.

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La France et l’Europe ont très tôt coopéré avec leurs partenaires russes en mal de financement après 1992. En 1996, Starsem, the Soyouz company, est créée. L’entreprise a commercialisé 21 lancements de fusée Soyouz depuis la base de Baïkonour et à apporter des crédits pour le développement et la modernisation des lanceurs après 1992.  Starsem est une filiale commune entre Arianeespace et Roscomos (agence gouvernementale responsable du programme spatial civil russe). Samedi 7 septembre 2007, deux lanceurs Soyouz quittaient le port de Samara pour le centre spatial guyanais à Kourou, résultat de l’étroite collaboration entre l’agence française de l’espace, l’agence spatiale européenne et la société russe TSSKB Progress. La date est officielle, le premier lancement de la fusée Soyouz à partir du territoire français aura lieu le 31 aout 2011.  L’agence gouvernementale Roscomos pourra elle aussi faire des tirs à partir de Kourou. Le site possède une position géographique idéale pour des mises en orbites de satellites géostationnaires. Soyouz, lanceur de moyenne dimension intégrera l’offre d’Arianespace entre le lanceur Vega et Ariane 5. Pour atteindre cet accord, de nombreuses années de négociation ont été nécessaires, la fixation des prix par lanceur a notamment été au centre des discussions.

 

La Fédération de Russie peut s’appuyer sur son passé glorieux,  de plus Soyouz et Baïkonour font de Modern Russia un des leaders du lancement de satellites commerciaux. Pour autant les sociétés russes et la Fédération de Russie sont assez mal équipées en Satellites. D’après le site i-gorod.com, la Russie ne représente que 0.1% du marché de la télédétection (observation de la surface de la Terre par les aéronefs, les véhicules spatiaux et satellites) et 0.03% des équipements d’aide à la navigation (GPS). Sur les 250 satellites en orbite, seulement 16 appartiennent à la Russie. Selon le Ministère du Développement Economique et du Commerce de la Fédération de Russie, l’industrie aéronautique et spatiale connaît aussi un déficit de compétitivité et de productivité: un salarié américain du secteur produirait 493 500 $ contre 14 800 $ pour un salarié russe, 33 fois moins.

 

1) Des projets spatiaux appliqués et orientés  vers des missions:

      Communications spatiales.

      Télédétection de la Terre depuis l'espace.

      Navigation par satellite, “Search and Rescue”.

      Production d’équipements expérimentaux et commerciaux.

      Le tourisme spatial et autres applications commerciales des vols spatiaux habités

      Projets intégrés

 

 

2) Les projets de recherche aérospatiale au spatiales fondamentales.

 

3) Des projets visant à construire des éléments de l'infrastructure spatiale nationale, y compris un système de véhicules de lancement, les éléments d'une base expérimentale, appareils électriques à basse tension, etc …

      Véhicules de lancement.

      Cosmodromes et des installations de lancement.

      Contrôle au sol et communications par satellite à partir du sol.

 

4)   Développement de logiciels spécifiques

 

5) Le cluster Espace de Skolkovo doit permettre de faciliter l’investissement dans ce secteur et permettre à terme le développement industriel du secteur.

 

6) Le cluster dirigera des projets d’investissements pour développer des projets d’éducation et d’information auprès des universités, des lycées ou de l’entreprise. Le cluster aura aussi un rôle institutionnel.

 

 

 

5)  Pôle Biomédical à Skolkovo:

 

La médecine, la qualité de vie et globalement le système de santé sont des préoccupations importantes du pouvoir politique russe. La réforme du début des années 1990 est un échec principalement du fait de sous-financement, cet échec alimente le flot des nostalgiques du soviétisme et les extrémismes. Cette réforme a mis en place un système hybride ou l’Etat et les entreprises financent le système. La participation financière des entreprises (3.6% du salaire des employés) est jugée trop faible pour soutenir le système et  soigner les inactifs (enfants, personnes âgées …). Le système de santé en Russie c’est donc un système à plus ou moins deux vitesses qui séparent ceux qui peuvent payer pour se soigner et les autres. Les réformes de 2001 n’ont pas réussi à inverser la tendance.

 

Le système de santé russe doit donc relever les défis d’un pays en voie de développement. Les hommes russes de 2011 ont la même espérance de vie que les hommes russes des années 60, l’espérance de vie des hommes n’arrive pas à dépasser les 60 ans.  C’est un des marqueurs du délitement du système de santé de la Fédération de Russie. Le système n’arrive pas aujourd’hui à relever les défis que lui posent les maladies cardio-vasculaires, des maladies infectieuses comme la tuberculose et encore moins le Sida. La Russie fait aussi face aux problèmes de santé publique et de comportement à risque. La natalité est aussi un grave problème, la situation s’améliore tout de même grâce à une politique nataliste menée au Kremlin.

 

Définition de Biomédical: le génie biomédical est une branche de l’ingénierie visant au contrôle des systèmes biologiques ou au développement d’appareils servant au diagnostic et au traitement des patients. Ce domaine interdisciplinaire de développement et de recherche est un mélange de médecine, de biologie, d'ingénierie et de physique (Wikimedia).

 

Créer un cluster biomédical à Skolkovo, c’est approcher le problème du système de santé d’une autre manière. Ce secteur d’activité comprend par exemple: la bioinformatique, l’étude des biomatériaux, l’électrophysiologie, l’évaluation des technologies médicales, la régulation physiologique, le choix des instruments médicaux. Les experts en biomédical pourront apporter une expertise nouvelle aux hôpitaux russes (contrôles des couts, de la propreté, proposition de nouveau matériel. Il pourrait aussi se développer une industrie Biomédical autonome en Russie. Des experts russes pourraient devenir les spécialistes du Bio-nucléaire comme de la Bioinformatique. Le développement du Cluster Biomédical à Skolkovo ne sera pas entravé par le caractère interdisciplinaire de la discipline, Skolkovo est l’endroit idéal pour son développement les spécialistes du Biomédical pouvant rencontrer des experts du nucléaire ou de l’informatique travaillant sur le site.

 

 

Les objectifs du Cluster à long terme:

   

      Participer à l’amélioration du système de santé de l'Etat grâce aux nouvelles technologies de diagnostic, de prévention et de traitement des maladies.

      Créer de nouveaux emplois à destination des populations urbaines et rurales.

      Développer une approche plus respectueuse de l’environnement, efficiente énergétiquement et économiquement.

      Le Biomédical peut apporter des Solutions innovantes issues de recherches scientifiques  provenant de Skolkovo, de la Russie ou des transferts de technologies étrangères.

      Création d’un centre de biotechnologie à Skolkovo de renommée scientifique et industrielle internationale.

      Développement d’un véritable écosystème (industrie, R&D, agriculture, commercialisation) suite aux investissements de l’état à Skolkovo dans les biotechnologies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B) Skolkovo: coopérations et financement étrangers

 

En janvier 2011, pendant le forum économique mondial de Davos, le Président de la Fédération de Russie,  Dmitri Medvedev, et son équipe auraient établi des contacts positifs avec de possibles investisseurs internationaux. La présence du président de la Russie avait été écourtée du fait de l’attentat de Domodedovo. Selon le conseiller économique du président, Arkadi Dvorkovitch, des investissements de plusieurs milliards de dollars portant sur des projets en Russie, notamment le projet Skolokovo ont été discutés lors du forum: « Lors de ses entretiens à Davos, le président russe Dmitri Medvedev s'est renseigné sur les projets des compagnies étrangères en lien avec  Skolkovo. Les groupes Cisco et Siemens, ainsi qu'un certain nombre de sociétés pharmaceutiques se sont déclarées prêts à coopérer » (Rianovosti). Toujours selon ce très prolixe conseiller, ces "investissements se montent à plusieurs milliards de dollars" (Rianovosti). Il a ajouté que ces sociétés étaient prêtes à investir tant dans le centre d'innovation de Skolkovo que dans d'autres projets en Russie, "dont le statut sera similaire à celui de Skolkovo dans les années à venir" (Rianovosti). Le centre d’innovation Skolkovo ne serait que le banc d’essai d’une nouvelle politique économique pour la Russie. Dmitri Medvedev lors de ces voyages en 2010 et 2011 n’a pas manqué de rappeler à ses partenaires l’existence de Skolkovo. Il a notamment été question de Skolkovo lors de sa visite aux Etats-Unis  ou il a rencontré des représentants d’entreprises de la Silicon Valley et des responsables politiques comme Arnold Schwarzenegger, Barak Obama.

 

En mars 2011 la fondation Skolkovo annonçait avoir 12 multinationales, depuis d’autres ont rejoint le projet. On peut retrouver dans cette liste:

 

      les entreprises américaines: Cisco, Microsoft, IBM, Boieng, Intel.

      les entreprises françaises: Alstom, EADS, AREP (urbanisme - filiale de la SNCF)

      l’entreprise allemande: Siemens

      l’entreprise indienne: Tata

      l’entreprise suédoise: Nokia

      Les entreprises russes: Lukoil et Rosatom

1.              CISCO - Le 23 Juin 2010, lors du déplacement de Dimitri Medvedev dans la Sun Valley, a été signé un accord avec le Président de Cisco John Chambers. Cisco est une entreprise américaine créée en 1984 par Leonard Bosack et Sandra Lerner, un couple qui travaillait au sein de l’Université réputée Standford, tout près de la Silicon Valley. Cisco a cru comme nulle autre entreprise dans la croissance d’internet, dans la dématérialisation et le e-Commerce. Grâce à cette vision Cisco est aujourd’hui un des leaders des solutions réseaux (serveurs, logiciels, infrastructures). Cisco a gardé cette vision pionnière dans sa politique d’investissement à l’étranger, acceptant de prendre des risques. Cisco a ainsi réussi son implantation en Chine et au Mexique, des marchés émergents donc porteurs de croissance pour demain. Dans cette logique, Cisco s’est engagé à investir 1 milliard de dollars dans le but de développer l’innovation et l’entreprenariat en Russie.

 

Cisco croit en l’émergence d’outils spécifiques au Net russe, l’entreprise essaye de se positionner en amont sur ce marché. L’internet russe a vu l’émergence d’entreprises spécifiques à ce marché qui ont ensuite tenté de s’exporter avec plus ou moins de succès, citons Yandex, Rambler, Kaspersky. Kaspersky est aujourd’hui un des leaders de l’antivirus pour ordinateurs professionnels comme personnels. Cisco investira en Russie en suivant  un plan en 5 phases étalé sur 10 ans. Lors de la première phase, Cisco essayera d’attirer les talents, les idées et les partenariats avec les investisseurs locaux. Cette première phase est une phase de repérage approfondie pour l’entreprise américaine. Cisco renforcera son maillage terrain avec ses Cisco Networking Academies. Dans cette première phase l’entreprise prévoit d’investir 100 millions dans le pays. Dans une deuxième phase, Cisco établira sa présence physique en Russie en participant au projet Skolkovo. Les bureaux de Cisco à Skolkovo devront être un modèle pour l’entreprise. Ce lancement ne devrait être qu’un début pour la firme. Cisco souhaite développer un modèle collaboratif entre les différents stakeholders (économiques, sociaux, politiques, environnementaux) pour réussir son installation en Russie. Lors des phases suivantes Cisco prévoit d’étendre ses activités en partant de ses bureaux de Skolkovo. Un deuxième quartier général de Cisco pourrait être construit en Russie. Cisco souhaite démarrer plusieurs Start-Ups à Skolkovo et participer activement à la création de la Silicon Valley russe. Cisco travaille déjà sur des technologies spécifiques pour le marché Russe. Tout au long du projet, Cisco veut améliorer son expertise et ses contacts sur place pour réussir sur ce marché à long terme.

 

2.              Boieng va créer avec ces partenaires russes Luxoft et Progresstech un bureau devant compter 300 spécialistes de la technologie et  innovation à Skolkovo. Boieng via ses partenaires et sa structure Moscow Design Center emploie déjà 1700 dessinateurs industriels et Ingénieurs à Moscou qui ont notamment œuvré sur le Boieng 787 Dreamliner. Boieng prévoit d’investir 30 milliards sur 30 ans dans des matières premières rares comme le titanium aussi bien qu’en Recherche et Développement en Russie. Cette annonce d’investissement dans la nouvelle Technopole fait suite à la rencontre des Présidents des Etats-Unis et de la Fédération de Russie Barack Obama et Dmitri Medvedev,  une commande importante de 50 Boieng 737 par Russian Technologies States Corporation  a été signée à l’occasion.

 

3.              Siemens - L’entreprise allemande souhaite rejoindre le projet Skolkovo, prudente elle n’a pas précisé le montant qu’elle souhaite spécifiquement investir dans le projet de « Silicon Valley » russe. Peter Loescher le président directeur général de Siemens a déclaré à Ekaterinbourg « Nous n'avons pas encore décidé. Nous ne sommes qu’au début du projet, mais nous allons certainement apporter toute notre expertise complète et nos compétence au projet Skolkovo. »(Siemens Corporate) Peter Loescher a aussi déclaré que l’entreprise Siemens allait investir 400 millions d’euros en Russie ces deux prochaines années. Siemens a passé des accords de partenariat avec des grandes entreprises russes:

      OAO Yamal Russian Railways et Siemens ont signé un accord préalable  pour un montant de 2.2 milliards d’euros. La compagnie s’engageant à fournir 1200 wagons de train de type Desiro, une partie des wagons seront construits en Russie et devront servir pour Sotchi 2014 (Jeux Olympiques d’hiver)

      OAO RusHydro and Russian Technologies Corp, des entreprises dans lesquelles possèdent des parts, souhaitent développer les énergies renouvelables. Siemens installera pour le compte de ces compagnies des éoliennes pouvant produire jusqu’à 1,250 mégawatts en Russie.

      Rosatom et Siemens souhaitent travailler ensemble dans le secteur de l’énergie atomique en construisant conjointement des centrales nucléaires. Ce projet est pour le moment bloqué par une plainte d’Areva contre Siemens.

 

 

4.     Intel - Le leader américain des semi-conducteurs et processeurs créé à Santa Clara au cœur de la Silicon Valley en 1968 souhaite investir dans le projet Skolkovo. La fondation Skolkovo représentée par son Président Viktor Vekselberg et Christiano Morales le Vice-Président d’Intel ont signé un mémorandum de bonne compréhension. Intel souhaite développer ses activités de recherche et développement en Russie et à Moscou dans les domaines du Cloud Computing (l’informatique dans les nuages), de MeeGo (système d’exploitation pour smartphone concurrent des systèmes d’exploitation iOS d’Apple, Android de Google et ManGo de Windows) et  des processeurs multi-cœurs pour ordinateur dont l’entreprise est un des leaders. Intel créera un laboratoire de recherche à Skolkovo et participera aux orientations de la technopole. Ce laboratoire aura pour objectif de travailler sur les recherches d’Intel, il sera aussi ouvert aux étudiants et entrepreneurs souhaitant innover. Intel a dorénavant commencé à coopérer avec la Skolkovo Business School. Grâce à cet Open Innovation Lab Intel souhaite comme Cisco développer des partenariats avec des Start-Ups Russes prometteuses. Avant de développer ces partenariats, il faut détecter les talents, c’est un des rôles de ce laboratoire: être présent dans les pépinières d’entreprises prometteuses comme Skolkovo aujourd’hui ou Haïfa dans les années 70, susciter le networking, travailler ensemble et faire décoller les projets en prenant des participations plus ou moins importantes dans le capital. Les multinationales américaines ont depuis longtemps des activités de capital risqueur, pariant en externe sur des projets portés par des start-ups. Intel en coopérant avec l’Academia (L’académie russe des sciences) dit avoir réussi à faire décoller plus de 30 projets innovants en Russie allant des Nanotechnologies à la Robotique. Enfin Intel a dernièrement remporté un concours d’Etat, l’objectif était d’inviter un scientifique étranger reconnu en Russie pour mener des activités de recherche et d’encadrement en Russie. Intel a réussi à faire venir en Russie Vladimir Pentkovski qui devra investir au mieux 5 millions de fonds alloués à l’Université Phystech (Moscow Institute of Physics and Technology) dans la création d’un laboratoire d’informatique. Il serait intéressant de pousser la réflexion un peu plus loin. Les trois créateurs d’Intel étaient des anciens de l’entreprise Fairchild Semiconductor basé à Palo Alto. Les semi-conducteurs avaient à l’époque principalement des applications militaires. Fairchild Semiconductor avait de nombreux contrats militaires, il en est surement de même pour Intel. Fairchild Semiconductor avait comme premier client IBM (International Business Machine - Big Blue) revendant ses ordinateurs centraux aux grandes institutions publiques et privées et à l’armée. Dans un contexte de guerre froide, l’URSS et les scientifiques russes faisaient jeu égal avec le bloc de l’ouest et son champion américain. Les deux champions étaient lancés à tombeau ouvert dans un course de  R&D. Phystech est surnommé le “MIT Russe”, le plus prestigieux centre de formation et de recherche en Physique et Technologie de l’URSS et de la Russie post-soviétique ayant fourni aux laboratoires de recherche comme le Lebedev Institute of Precision Mechanics and Computing Equipment des chercheurs de renom. Après 1992, une bonne partie de ces chercheurs ont immigrés vers des cieux qu’ils jugeaient meilleurs et c’est le cas pour Vladimir Pentkovski.   Vladimir Pentkovski aurait travaillé sur des projets comme les projets Elbrus 1 et Elbrus 2 avant de rejoindre Intel en 1993.

 

Lors de l’effondrement de l’URSS, la Silicon Valley a pu profiter de nombreux nouveaux talents technologiques. Les applications militaires de ces chercheurs et ingénieurs ont pu servir aux firmes américaines de la Silicon Valley. Elles aussi au départ avaient beaucoup de contrats militaires. Vladimir Pentkovski a surement aidé à développer le Pentium III d’Intel par exemple. En 2004, Intel   confirme cet intérêt pour Elbrus en rachetant des brevets Elbrus E2K déposés aux Etats Unis par la compagnie après son redressement? Aujourd’hui Vladimir Pentkovski, employé d’Intel, revient en Russie en tant que chercheur étranger car il a depuis son immigration en 92-93 acquis la nationalité américaine. C’est en 2010 un retour aux sources pour ce dernier qui rejoindra ses centres de recherche d’origines Phystec et l’academia des sciences à Moscou. Est-ce un retour d’une certaine puissance pour la Fédération de Russie permis par le cours du brut et du gaz ? Attirer les scientifiques russes partis à l’étranger, c’est en tout cas une des missions de Skolkovo.   

 

5.              Tata - Le groupe indien créé en 1986 est présent dans de nombreux secteurs. La croissance de l’imposant marché indien lui a permis de dégager des ressources phénoménales. Ces dernières années, le conglomérat regroupant 93 sociétés s’est lancé dans une politique d’acquisition allant du fabricant de thé Tetley aux voitures haut de gamme Land Rover et Jaguar. Pour Tetley comme pour Land Rover et Jaguar le marché russe est un marché porteur, les Russes sont de gros consommateurs de thé et les routes russes sont souvent difficiles, le 4x4 n’est donc pas un luxe. Tata est aussi présent dans le conseil et SSII, dans les systèmes de communication (Tata Communications Ltd est un des leaders de son secteur en tant que fournisseur d’accès à Internet et dans les communications longues distances), dans l’industrie pharmaceutique. Tata souhaite participer au projet Skolkovo et développer son expertise dans les biotechnologies, les produits pharmaceutiques et les systèmes d’informations. Skolkovo servira aussi et surtout de point d’entrée pour les experts des 93 sociétés du groupe Tata voulant découvrir la Russie et ses opportunités. Le président Medvedev a discuté de ces investissements et de l’avenir de Tata en Russie lors d’un court voyage en Inde. Les deux anciens alliés de la guerre froide souhaitent développer des  liens commerciaux plus solides. Dmitri Medvedev s’est rendu à Mumbaï, le centre financier du pays et a visité l’Indian Institute of Technology Bombay. L’inde est le plus gros client de l’industrie de la défense et de l’armement russe. En Juin 2010, Ratan Tata rejoignait le conseil d’administration de la Fondation Skolkovo. Le groupe Tata n’a pas précisé quel montant le groupe souhaitait investir.

 

 

6.              Nokia Siemens Network - La compagnie finlandaise après avoir signé un mémorandum de bonne compréhension a confirmé son intention de participer au projet Skolkovo par un nouvel accord signé le 1 juillet. Nokia s’est engagé à créer à Skolkovo un “Smart Lab” qui coordonnera des recherches sur des logiciels avec des Start-ups russes dans le même esprit que Cisco et Intel. Nokia créera aussi une équipe de Recherche et Développement travaillant sur des problématiques de connections sans fil comme la 3G ou la 4G. L’équipe de Recherche et Développement sera basée au Sistema-Sarov science park ainsi qu’à Skolkovo. Le site officiel de Nokia nous apprend que Nokia a déjà commencé à former cette équipe de R&D. Viktor Vekselberg, le président de la Fondation Skolkovo a déclaré:

 

« Le Smart Lab joue un rôle crucial en offrant conseils et assistance aux Start-ups, en les aidant à rationaliser et à concentrer leurs activités de R & D. Il nous aidera à créer un écosystème technologique sain et durable, l’écosystème que nous avons imaginé pour Skolkovo ». « Nous nous sommes engagés à développer des technologies du futur en Russie », a ajouté Kristina Trikhonova, responsable de Nokia Siemens Networks.

 

« En particulier, il y a un immense potentiel dans des domaines comme l'informatique dans les  nuages (cloud computing), machine-to-machine (M2M), des applications pour smartphones et de web 2.0. Nous investissons dans des structures qui soutiendront la croissance de demain  et le Smart Lab Skolkovo va devenir l'une des principales composantes de cet écosystème. »(Trad – Nokia Siemens Network site Corporate)

 

Nokia rejoindra le conseil d’administration de Skolkovo. Les produits et services de la société jouissent d’une bonne réputation à Moscou. Dmitri Medvedev a dit que le pays était reconnaissant pour la contribution de la société Nokia à l'économie nationale russe. «  Nokia est un gros contributeur pour le budget russe. En raison de la popularité de la marque et le développement du marché, l'entreprise contribue à environ 12 milliards de roubles (386 millions de dollars) d'impôts chaque année» (RiaNovosti). Investir à Skolkovo c’est aussi optimiser ses impôts en Fédération de Russie, Nokia n’a pas hésité à saisir cette opportunité.

 

7.              EADS Le groupe industriel européen EADS a annoncé sa volonté de participer au projet SKOLKOVO en ouvrant un centre de recherche et d’innovation à Skolkovo. Le groupe européen  a signé un accord de principe avec le président de la fondation Skolkovo. Cette participation s’inscrit dans la continuité d’une politique de collaboration et de partenariat avec le RTO (Russian Technology Office). Ce bureau a été créé en 2003 par EADS pour faciliter la coopération avec la communauté des chercheurs et  les entreprises  russes avec qui le groupe coopère. Les recherches menées à Skolkovo porteront sur les métiers de l’entreprise et plus particulièrement: les technologies aéronautiques et spatiales, les télécommunications et les technologies environnementales. Pour Jean Botti, le Directeur General de la Technologie: 

 

« Etablir des relations avec des groupes réputés tels que Skolkovo fait partie de la stratégie à long terme d’EADS, qui consiste à mettre en place des capacités de recherche intégrées à l’échelle mondiale, afin de satisfaire les exigences de nos clients » (EADS Global Website).

 

EADS ne pense pas arrêter son action  là. Le groupe envisage de participer dans les programmes de soutien au développement de start-ups russes mis-en-place à Skolkovo. EADS souhaite aussi participer aux enseignements technologiques donnés à l’Institut technologique de Skolkovo. Les partenaires russes se réjouissent publiquement de la participation du groupe français: « Notre partenariat avec EADS nous permet d’élaborer une planification stratégique pour le cluster de technologie spatiale qui doit être érigé à Skolkovo. Pour la partie russe, le groupe Russian United Aircraft Corporation (UAC), dont le programme d’innovation prévoit divers projets pour un centre de recherche commun à Skolkovo, jouera un rôle de premier plan dans cette entreprise » (EADS Global Website), explique Viktor Vekselberg, Président de la Fondation Skolkovo. UAC est un conglomérat regroupant les sociétés russes du secteur de l’aéronautique. UAC a été créé en 2006, par le président russe de l’époque Vladimir Poutine aujourd’hui Premier Ministre, l’Etat russe possède la majorité des actions. Au sein du conglomérat on retrouve les sociétés Irkut, Mikoyan, Sukhoï, Ilyushin, Tupolev, Beriev et Yakvlev produisant les célèbres MiGs et Sukhoïs. Vladimir Poutine a fait de l’industrie aéronautique une priorité pour la Russie. Encore aujourd’hui, les Russes restent fascinés par l’industrie lourde et la souveraineté. Des projets communs entre UAC et EADS intéresseraient tout particulièrement les dirigeants russes. Les avions militaires russes restent compétitifs sur les marchés émergents mais souffrent tout de même d’un manque d’innovation dans les domaines de la transmission et de la navigation. EADS peut dans ces domaines apporter son expertise. Les dirigeants du groupe EADS ont plusieurs fois manifesté leurs intentions de participer à la renaissance de l’industrie aéronautique russe toutefois les politiques européens restent divisés sur la question, percevant la Russie comme une menace autant qu’une opportunité. EADS a signé un accord de principe avec la fondation Skolkovo, ce qui devrait peut-être permettre l’émergence d’appareils militaires commun entre UAC et le groupe européen. Cette participation  ne pourra de toute façon que faire du bien à l’image de marque de l’avionneur en Russie.

 

8.              Alstom - Le 2 mars 2011, Patrice Kron, Président Directeur Général d’Alstom et Viktor Vekselberg ont signé un accord de coopération pour le développement d’Innograd. Selon le communiqué officiel: « Alstom est prêt à participer à la construction des principales infrastructures de la ville nouvelle - transport urbain, production d’électricité, services de gestion de l’électricité. Le Groupe apporterait également son expertise en recherche-développement au sein des activités créées à Skolkovo, qu’il s’agisse de signalisation et de systèmes d’information ferroviaires, d’efficacité énergétique des centrales électriques ou de « réseaux intelligents » (Alstom Corporate). Le groupe sur ces projets travaillerait en relation étroite avec ses partenaires. Les partenaires du groupe en Russie sont: TMH (construction ferroviaire), Rushydro (Opérateur de centrales hydroélectriques), InterRAO (producteur d’electricité) ou FSK UES (opérateur du réseau russe de transport d’électricité). Alstom sur ses marchés rentre notamment en compétition avec le groupe allemand Siemens, lui aussi présent dans le projet Skolkovo. Alstom est intéressé par le marché ferroviaire russe, en 2009 le groupe signait un partenariat stratégique avec TMH pour s’en ouvrir les portes.

 

 

 

9.              Microsoft - Le géant de l’informatique va créer un centre de recherche et de développement pour ses logiciels à Skolkovo. Selon Microsoft, il a été décidé que les logiciels informatiques créés dans ce centre serviront en en Russie mais aussi dans le reste du monde. Microsoft travaillera aussi avec les universités russes sur des projets technologiques, des recherches conjointes entres des universités internationales sont aussi prévues ce qui devraient amener à Skolkovo des chercheurs et leaders de classes mondiales dans les domaines de l’informatiques et de l’ingénierie. Microsoft développera dans le même temps à Skolkovo ses relations avec les start-ups russes dans le cadre du « Extended Russian innovative startup assistance program ». Les experts de Microsoft apporteront leurs expertises techniques aux start-ups en phase de démarrage. Les projets les plus prometteurs pourront recevoir des fonds pour leurs développements. Dans un pays où la corruption est endémique, la sélection de ces projets sera faite par un jury d’expert indépendant ou siégera le Directeur de Microsoft en Russie.  Les sociétés de développements informatiques russes peuvent être impliquées dans les projets de développement de la firme américaine en tant que sous-traitants à des tarifs intéressants, notons que les ingénieurs et techniciens russes sont reconnus pour leurs compétences techniques et leurs créativités. Viktor Vekselberg a déclaré à la suite de cet accord: « Nous sommes heureux d'accueillir un acteur informatique d’une telle importance dans le projet Skolkovo. La grande expérience de cette société, tant dans la création de logiciels et de solutions informatique que dans l'organisation et le soutien à la recherche et à l’innovation, son expertise et sa capacité à créer un écosystème innovant, sera très utile pour développer Skolkovo »

 

10.           IBM - la firme américaine surnommée Big Blue disposera elle aussi d’un centre de recherche et de développement dans la Silicon Valley russe. « Le centre d'innovation Skolkovo serait incomplet si le nom d'IBM ne figurait pas sur la liste de ses partenaires. (…) Nous espérons que la coopération avec ce groupe nous permettra de résoudre en peu de temps les problèmes liés à la protection et la gestion rationnelle de la propriété intellectuelle » (RIANOVOSTI, 18/06/11), a déclaré M. Vekselberg peu après la signature de l’accord. L’accord a eu lieu lors du forum économique de Saint-Pétersbourg. Le centre Skolkovo pourrait d’ailleurs être le régulateur des problèmes liés à la protection de la propriété intellectuelle, un fléau pour les entreprises tournés vers l’informatique.

 

11.  Johnson et Johnson: La dernière signature est celle de la société  pharmaceutique américaine Johnson et Johnson, un des plus gros fabricants de matériels pharmaceutiques au monde. La société possède plus de 250 filiales présentes dans 57 pays. C’est par sa filiale Janssen Pharmaceutica et en coopérant avec l’entreprise russe Chemrar que Johnson et Johnson investira en Russie le 17 juin. Chemrar est un sous-traitant pharmaceutique, contact de plusieurs multinationales de l’industrie, Chemrar a déjà fait ses preuves. Le 29 juin était annoncé un accord entre Chemrar et Pfizer (qui a son siège en Russie à Novossibirsk, Novossibirsk était la ville des savants de l’URSS). La joint-venture Chemrar/Pfizer dit chercher d’autres participants qui pourraient être l’académie des sciences russes ou la fondation Skolkovo. La coopération des deux entreprises s’inscrit une stratégie à long terme pour Pfizer, BOLSHE CHEM (MORE THAN). Pfizer avec son partenaire veut travailler à l’amélioration et l’amélioration du système de santé russe, l’augmentation de l’espérance de vie. Paul Schtoffels, membre du conseil d'administration de Janssen Pharmaceutica, a déclaré à la cérémonie de signature que leur entreprise commençait la coopération avec la Fondation Skolkovo et un certain nombre de sociétés russes. L’entreprise souhaite développer dans son centre de recherche et développement à Skolkovo de nouveaux médicaments adaptés aux priorités et spécificités du marché russe. «Pour innover, Janssen Pharmaceutica et Johnson et Johnson vont conjuguer leurs efforts avec leurs partenaires russes» (ALFAGROUP), a déclaré Schtoffels

 

Deux sociétés russes ont décidé d’investir dans le projet Skolkovo: Lukoil et Rosatom. Lukoil  «En fait, la construction du Skolkovo Innovation Center sera financée par Lukoil» - Vekselberg (Trad. Business Special Report). Cette déclaration du Président de la Fondation Skolkovo montre bien l’importance de Lukoil dans le projet Skolkovo, la compagnie russe est au cœur du projet. Lukoil est le plus gros producteur de pétrole en Russie ce qui doit lui permettre de dégager des ressources financières importantes. Lukoil en 2005 a produit un peu plus de 90 000 tonnes de pétrole. Le président russe siège au conseil d’administration de la société. Vagit Alekperov le président de Lukoil et Viktor Vekselberg ont signé un mémorandum définissant la participation du géant pétrolier russe dans le projet. La fondation Skolkovo comme Lukoil n’ont pas voulu donner d’informations sur le montant investi par la société pétrolière. Lukoil souhaite établir son principal centre scientifique à Skolkovo en 2014, il y sera principalement mené  des activités de Recherche et Développement sur le pétrole (méthodes d’extraction, transformation), les énergies renouvelables et les technologies de l’information. Rosatom, le spécialiste de l’énergie nucléaire en Russie appartenant à l’Etat a lui aussi signé un mémorandum de bonne compréhension avec la Fondation Skolkovo. Rosatom va y établir ses bureaux et mener des activités de recherche sur l’énergie et le nucléaire, l’informatique. Les deux géants russes n’ont pas donné plus de détails à la presse, une opacité commune aux hommes politiques et entreprises russes. Les grandes entreprises américaines communiquent beaucoup plus sur leurs projets, d’abord dans un souci de communication vis-à-vis de leurs actionnaires, de plus investir dans un projet innovant est quelque chose de positif pour le marché. L’innovation est une des clefs de survie des entreprises petites ou grandes. Les sociétés pour vendre leurs produits doivent apporter du nouveau aux clients, de l’innovation. L’innovation se prépare de plusieurs façons, par l’investissement, par des rachats de start-ups innovantes, par des structures d’organisation qui suscitent l’émergence d’idées nouvelles et non l’endormissement.

 

La fondation Skolkovo est aussi en pour parler avec de nombreuses entreprises comme: ABBY, Norvartis, Honeywell, DuPont, Google, Kodak, Schlumberger, Johnson & Johnson, IM-Tech, Dow Chemicals, John Deer. Plus de 20 entreprises russes avec participation du gouvernement feront aussi parti du projet Skolkovo. Aujourd’hui, d’un point de vue partenariat étranger et investissement, la situation peut nous paraitre bonne. Le lobbying des politiques russes et surtout de Dmitri Medvedev a été fort. Les multinationales sont intéressées par le marché russe en croissance. Skolkovo peut être un bon point de départ proposant de nombreux avantages.

 

 

C) L’incubateur: des avantages non négligeables pour les start-ups participantes :

 

Le 30 septembre 2010, le projet de loi sur Skolkovo est rentré en vigueur. Participer au projet Skolkovo permet dorénavant aux Start-ups et grands groupes de bénéficier d’avantages fiscaux et douaniers inédits en Russie.

 

Ces avantages fiscaux seraient justifiés, il y a beaucoup de freins au Business en Russie: la corruption, l’importance des loyers à Moscou, la législation hérité du soviétisme (mise en faillite expéditive), l’inflation, le taux des crédits bancaires, etc  … Ces avantages inédits permettraient à certaines activités innovantes de décoller, d’amorcer un écosystème.  

 

1)  Les prérequis:

 

a.     les candidats au Centre d’innovation Skolkovo doivent tous être préalablement enregistrés en tant que société russe.

b.     Les candidats doivent mener des activités qui correspondent à un des 5 Clusters de Skolkovo: biomédical, le nucléaire, les technologies de l’information et de la télécommunication, l’efficience énergétique, l’espace.   

c.     Enfin ils doivent être porteurs d’un projet qui on l’imagine doit être à la fois innovant, viable et intéressant d’un point de vue national afin d’être sélectionné par le Conseil de la fondation Skolkovo.

 

 

Compléments d’informations:

a.     Dmitri Medvedev a souhaité que le projet démarre rapidement, il veut pouvoir présenter des résultats positifs pour la campagne de 2012. 16 projets ont déjà été choisis par la Fondation Skolkovo. Les participants au Centre d’Innovation Skolkovo peuvent se situer hors du site physique de Skolkovo, de toute façon en ce moment en construction. Les participants au projet devront être physiquement à Skolkovo en 2014.

b.     Selon le Moscow Times, un autre point important pour les candidats potentiels, c’est l'absence d’une procédure de sélection claire. Les petites entreprises et start-ups sont préoccupées, elles pensent que les grandes entreprises seront favorisées. Les grandes entreprises ont plus de moyens et plus de réseaux, cela peut servir lors d’une procédure de sélection non transparente. Leurs craintes sont-elles justifiées ?

c.     Il est précisé dans la loi légiférant Skolkovo que les entreprises participantes doivent être localisées à Skolkovo en 2014 mais il n’est pas précisé quels types d’activités doivent y être localisés: toutes les activités de l’entreprise ? les activités liées à l’innovation et la R&D ? les activités de commercialisation ? un bureau suffit-il ?

d.     Les entreprises étrangères peuvent participer au Centre d’Innovation Skolkovo, elles doivent au préalable créer une entreprise russe et l’enregistrer.

 

 

1.     Les avantages fiscaux:

 

a.     Les participants au projet ne payent pas de TVA.

b.     Les participants au projet ne payent d’impôts sur les sociétés.

c.     Exemption de la taxe sur la propriété sur les biens mobiliers comme immobiliers.

d.     Les participants sont exonérés de cotisations auprès de la sécurité sociale et des fonds d’assurance médicale complémentaire.

e.     Les participants bénéficient d’un taux réduit pour les cotisations à l'assurance obligatoire de la Caisse de retraite de Russie (14%) au lieu de 26%

f.      Si le Chiffre d’Affaires des sociétés participantes n’excède pas 1 million de roubles  (25 000 €) alors elles ont le droit de ne pas tenir de tableau des comptes. Pour autant les participants doivent tenir un compte de résultat (comptabilité simplifiée pour les PMEs).

 

 

Ces avantages seront accordés pour une durée maximale de 10 ans à partir de la date d’entrée du participant dans le projet. Des restrictions sont applicables, notamment si la société participante dépasse un CA de 300 millions de roubles (7,5M€).

 

 

2.     Des avantages pour recruter des employés étrangers:

 

1.     Les employeurs qui recrutent des ressortissants étrangers à Skolkovo n'auront pas besoin d'obtenir un permis pour l'emploi de travailleurs étrangers comme le veut la procédure.

2.     De plus les procédures de visa seront facilitées pour ces étrangers. La société gestionnaire de Skolkovo, Renova Group, pourra émettre des visas sans tenir compte des quotas en vigueur. Renova Group est un conglomérat international dont le principal actionnaire est Viktor Vekselberg.

                                                    

 

 

 

3.     Des avantages en termes de droit de douane:

 

La loi autorise le remboursement des droits de douane et les frais encourus lors de l'importation de TVA. Les biens doivent être destinés à un usage lié au Centre d’Innovation Skolkovo. Ces frais seront remboursables, non seulement pour les participants au projet, mais aussi pour toutes les entités juridiques et les hommes d'affaires individuels participant à la mise en œuvre du projet

4.     Skolkovo, une structure autonome:

 

Le village de l’innovation sera le plus possible autonome. Victor Vekselberg a déjà annoncé qu’un corps de police spécial sera créé pour Skolkovo, l’objectif étant d’éviter au moins une partie de la corruption, endémique en Russie. La compagnie Renova fournira au village de Skolkovo ses propres infrastructures et services: eau potable, route, tram, etc...

 

Dimitri Medvedev a annoncé en février 2010 le lieu où sera construit le village Skolkovo. Le président de la fédération de Russie et président de la Fondation Skolkovo a choisi d’implanter la technopole à 15km de Moscou, dans la banlieue Sud-Ouest. L’architecte Etienne Tricaud du groupe AREP a déclaré à l’AFP que la “Silicon Valley” russe représentera à terme 2 millions de mètres carrés construits, elle est appelée à accueillir 20 000 personnes. L’exécutif russe souhaite développer d’autres “Innograds” ou villes de l’innovation en Russie par la suite, Skolkovo est donc à la fois un exemple et un prototype. La construction coutera de 100 à 120 milliards de roubles (près de 2.7 milliards d’euros) a annoncé Viktor Maslakov, gestionnaire de la Fondation Skolkovo. Le financement se fera à parts égales entre le secteur privé et l’Etat

 

D) L’appel d’offres pour le projet d’urbanisme.

 

1.   Les points clefs.

Durant l’été 2010, la fondation Skolkovo a lancé un appel d’offres international pour l’étude du concept urbain du technocentre. Un jury international d’architectes et experts, réuni au sein du Skolkovo Urban Council a été formé. D’après David Chipperfield - Agence David Chipperfield Architects, “les critères de sélections étaient basés sur les concepts innovants” (Russie.net). Le projet urbain doit être en harmonie avec la globalité du projet de technocentre SKOLKOVO. Le projet urbain doit respecter des caractéristiques de qualité de la vie, la dynamique innovante du projet, les activités liées aux techno-centres, le respect de l’environnement et l’efficacité énergétique... La fondation Skolkovo était aussi très attachée au respect du budget et du timing.

 

La construction coûtera de 100 à 120 milliards de roubles (près de 2.7 milliards d’euros) a annoncé samedi à Rianovosti Viktor Maslakov, gestionnaire de la Fondation Skolkovo.

 

Historique de l’appel d’offres:

      Eté 2010: Début de l’appel d’offres: 28 projets sont déposés auprès de la Fondation Skolkovo dont Bofill Arquitectura, Albert Speer & Partner, Foster + Partners, Kohn Pedersen Fox, OMA Rem Koolhaas.

      8 Novembre 2010: 6 projets sont sélectionnés lors de Conseils Urbains successifs.

      20 décembre 2010: Les six candidats finalistes sont auditionnés par le Conseil Urbain, OMA et AREP sont choisis.

      18 février: Les deux projets sont présentés aux partenaires stratégiques à Davos lors du forum économique mondial.

      Entre les deux phases: la fondation a déclaré faire un effort de communication sur le projet auprès des habitants du quartier et de l’ensemble des parties prenantes. Un vote a été lancé sur le site de la Fondation Skolkovo a pour départager les deux projets finalistes: AREP avait été choisi par les votants.

      25 février: Conseil d’administration de la Fondation Skolkovo fait le choix du projet de l’agence AREP.

                     

 

 

 

 

 

 

2.   Les deux projets finalistes AREP et OMA:

 

 

Les deux projets finalistes avaient des visions divergentes pour l’urbanisme de Skolkovo.  Le groupe français AREP, filiale de la SNCF,  était opposé au groupe OMA, les deux projets avaient été présentés conjointement au Président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev lors du Forum économique mondial de Davos. AREP a proposé de construire le centre technologique autour de 5 villages urbains, chaque village aura une des thématiques de Skolkovo: bio, nuclear, it, energy, space

 

 

Mr Tricaud  Directeur Général Délégué de l’AREP, l'architecte et ingénieur principal du projet  a expliqué son projet lors d’une interview consultable sur Internet:

 

 

      “L’idée est à la fois de créer les conditions favorables à cette alchimie qui conduit du monde de la recherche  au monde économique et en même temps d’en faire  une vraie ville, un vrai milieu de vie qui soit un cadre aussi bien pour la vie professionnelle que pour la vie privée et personnelle » (Voix de la Russie).

      “Skolkovo est un projet qui répond à cette attente en créant un cadre de travail et de vie où tout est fait pour favoriser la rencontre entre le travail (cadre de travail qui a tous les attraits d’un espace publique dense et intense) et la détente (proche de la nature, de son calme et de son côté aspirant).” (Voix de la Russie).

      “Pour faire ça, nous avons conçu une ville qui s’organise en quartiers fortement reliés les uns aux autres qui sont à l’échelle humaine du piéton” (Voix de la Russie).

 

Le concurrent finaliste d’AREP, OMA avait proposé un projet différent séparant d’un côté les activités des entreprises et universités et de l'autre les logements, commerces et lieux de vie. C’est AREP qui a remporté l’appel d’offres. AREP propose à la fondation Skolkovo et aux parties prenantes un projet organique avec une approche peut-être plus proche de l’homme, les villages urbains mêlant les activités professionnelles et lieux de vie (cinéma, salles de spectacle, magasins) et habitations, favorisant l’interaction des différents acteurs. Le networking, rencontrer des professionnels et chercheurs, c’est primordial pour des start-ups innovantes. Ces entreprises sont souvent pionnières sur leurs marchés, elles recherchent à la fois leurs premiers clients, des talents et des idées mais aussi des investisseurs. “The Valley”, la Silicon Valley facilite ce type de rencontre en mêlant lieux de vie et lieux de travail. Les coffee shops StarBucks se transforment bien souvent en lieux de brain storming entre jeunes patrons de start-ups qui ne s’encombrent d’ailleurs bien souvent pas du port du costume cravate réglementaire en Russie ou en France. OMA portait un projet plus traditionnel pour la Russie, à l’image de l’architecture que l’on peut retrouver dans les technopôles hérités de l’ère soviétique. OMA proposait de séparer clairement les activités liées à l’innovation et aux technologies (business / centres de recherches et pédagogiques) d’un côté et les activités quotidiennes et lieux culturels de l’autre.

 

 

3.   Skolkovo et la qualité de vie en Russie et à Moscou: 

 

En 2005, The Economist réalisait un classement des pays selon la qualité de vie. Le classement mettait en relation 9 critères “objectifs” mêlant l’espérance de vie, la vie familiale (taux de divorce), la vie de la communauté (syndicats, vie religieuse), le pouvoir d’achat, la stabilité politique et la sécurité globale, le climat et la géographie, le marché de l’emploi (taux de chômage, protection du travail), la vie politique, l’égalité hommes / femmes. La Russie apparaissait dans les tréfonds du classement à la 105ème place sur 111 encadrée par le Botswana et l’Ouzbékistan. La qualité de vie à Moscou s’inscrit dans la même dynamique, bien après Vienne, Zurich, Genève, Vancouver …  Moscou apparait à la 168ème place après Kiev la capitale de l’Ukraine à la 161 place dans le classement Mercer des villes en terme de Qualité de la Vie. Moscou apparait par contre dans un autre classement Mercer à la 4ème place, celui du coût de la vie, là la ville n’a pas été oubliée. Moscou a aussi du mal à s’inscrire dans une logique de Sun Belt, “ceinture du soleil” propice aux activités économiques et humaines. Il sera difficile d’importer le soleil de Palo Alto ou de Nice à Skolkovo. La Fondation Skolkovo aura donc fort à faire pour rendre le territoire Russe et Moscou plus attractif face à la concurrence des autres technopôles mondiaux si elle souhaite s’inscrire dans cette dynamique.

 

 

Toujours d’après M. Tricaud, qualité de vie, densité moyenne, proximité de la nature constitueront un gage d’attractivité pour les personnes travaillant et habitant sur le site. M Tricaud pense notamment s’appuyer sur “une série de balcons naturels dominant le site de la vallée de la rivière Setoun”. Ce critère sera déterminant, pour attirer les meilleurs potentiels, les russes comme les étrangers. Les technocentres  s’inscrivent à 100% dans un processus de mondialisation. Ils recrutent tous sur le même marché, le marché de la connaissance, de la technologie, de l’innovation. Ces profils de chercheurs, d’entrepreneurs, de cadres de haut niveau sont mobiles, parlent des langues étrangères et sont capables de s’adapter à un nouveau milieu de travail.  On retrouve  ainsi de nombreux  chercheurs et entrepreneurs russes dans la Silicon Valley. Skolkovo sera sûrement compétitif face aux autres centres russes existants. La fondation Skolkovo est à l’écoute d’autres technopôles comme le Technoparc de Zurich,  tout doit être fait pour que le Technopôle soit devant en termes d’infrastructures.

 

4.   Le projet Skolkovo s’inscrit dans un contexte humain difficile:

Il peut être intéressant de replacer le projet Skolkovo dans le contexte humain propre à la Fédération de Russie. La Russie depuis 1992 fait face à un problème de démographie. L’espérance de vie a chuté à la suite de l’effondrement de l’URSS et du système de santé public et gratuit associé au soviétisme. La population russe a baissé de plus de 6 millions d’habitants entre 1992 et 2006 passant 148.6 millions à 141,5 millions. La mortalité a augmenté dramatiquement après 1992. La Russie avait la première place du classement “Les morts violentes dans le monde” recoupant homicide, suicide, accident de la route. Selon la Banque Mondiale, l’espérance de vie moyenne en Russie est de 69 années, ce nombre cache de fortes disparités entre hommes et femmes. La hausse de la mortalité a été accompagnée d’une baisse de la natalité.  Le changement de système politique et économique, le changement des règles du jeu régissant la vie en quelques sortes a entraîné une vague de déprime, de fragilité, de conduites à risques, de suicides. Il était difficile de se projeter dans l’avenir dans une Fédération de Russie incertaine, l’instabilité est l’ennemi de la natalité. Il est difficile pour un couple de prendre la décision de faire un enfant quand on ne sait pas si le couple pourra subvenir à ses besoins à court ou moyen terme.  Le SIDA est aussi un fléau, cette maladie a été au début largement sous-estimée car elle a touché que tardivement la Fédération de Russie. Aujourd’hui, elle touche de plein fouet les pays de l’Europe de l’Est.

Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 avait fait de la stabilité son leitmotiv. Bien que souvent décrié en Europe Occidentale, Vladimir Poutine jouit d’une certaine notoriété en Russie auprès de la population. En arrivant au pouvoir en 2000, il souhaite reconstruire une Russie forte et puissante. Il redonne confiance en l’avenir à une certaine frange de la population russe. Pour montrer l’exemple Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev ont développé des images de sportifs dans les médias russes. Vladimir poutine apparaissait en hockeyeur et patineur lors de la semaine de la vie saine à Moscou. Des mesures ont été prises pour soutenir la natalité, L’administration de Vladimir Poutine a notamment décidé d’allouer une prime à la naissance pour les deuxième et troisième bébés de 300 000 roubles (environ 7 000€). L’amélioration des conditions de vie passera aussi probablement par l’augmentation des prix des cigarettes et de l’alcool dans la Fédération de Russie, des mesures impopulaires pour 2012.

En ayant en tête cette situation, chaque jeune chercheur ou étudiant russe prometteur formé quittant la Fédération pour un autre pays est une perte relativement plus grande que si la Fédération de Russie était en plein boom démographique. La Russie ne peut plus se passer de ses jeunes talents. La Russie manque aujourd’hui de main d’œuvre qualifiée, de porteurs de projet. Skolkovo peut être une bonne façon de retenir une partie des chercheurs et entrepreneurs qui seraient sans cela partis à l’étranger en leur permettant d’avoir en Russie les mêmes avantages que s’ils étaient à l’étranger et en restant près de leur famille. Le projet Skolkovo s’inscrit dans ce paysage. Les dirigeants ont décidé de faire un effort sur les infrastructures. Ils ont décidé de construire quelque chose de nouveau pour couper court aux défauts des bâtiments issus de l’ère soviétique. Permettre aux talents de se projeter dans un cadre idéal de travail dans la banlieue de Moscou, c’est un des objectifs de Skolkovo.

 

E) Skolkovo, le développement d’un pôle universitaire de pointe :

 

Un accord cadre a été signé entre le Massassuchets Institue of Technology et la Fondation Skolkovo le 24 juin 2010 lors de la visite du président russe Dmitri Medvedev aux Etats Unis. Le MIT évaluait alors les possibilités de s’établir en Russie et mener des activités conjointes d’enseignement et de recherche en Russie. Cette activité doit être menée en collaboration avec les universités et centres de recherche existants en Russie. Le MIT envisageait aussi la création d’un centre à vocation académique à SKOLKOVO et souhaitait être un des partenaires fondateurs de la Silicon Valley Russe aux cotés de partenaires académiques russes citons: l’académie des Sciences de Russie, Rusnano Corparation, Russie Venture Company, l’université technique Bauman et d’autres.  Le 18 juin 2011, le MIT et la fondation Skolkovo ont profité du forum économique de Saint-Pétersbourg pour  confirmer  leur partenariat  en signant un accord préliminaire sur la création du centre académique, Skolkovo Institute of Science and Technology (SIST). Le Président de la fondation Skolkovo, Victor Vekselberg déclarait: “Nous nous réjouissons de ce partenariat entre la meilleure université en sciences et en technologies au monde et Skolkovo” (MIT News).  Pour Vladimir Solovyev, présentateur télé russe connu,  il est particulièrement important pour les hommes politiques et les entrepreneurs russes de prouver par des collaborations significatives que le projet Skolkovo avance concrètement. Pour lui, “Les gens ne comprennent pas le sens du projet Skolkovo, ce que cela peut apporter à la Russie” (Les Echos) Selon les officiels du MIT et de la Fondation Skolkovo, l’accord final liant les deux institutions devraient être signé à la fin de l’automne 2011 

 

Les russes dans cette collaboration avec une grande université technologique américaine souhaitent avant tout acquérir une nouvelle culture de recherche,  une culture ou l’innovation et l’entreprenariat auraient la part belle. Les chercheurs des universités américaines sont réputés pragmatiques, plus connectés aux besoins du Business que les chercheurs russes ou français. Lors d’une rencontre le 6 juin 2010 à l’Université Lomonosov, Valérie Pecresse ministre de l'Enseignement  Supérieur déclarait à son homologue russe  Andreï Foursenko «Nous devons, ensemble, faire en sorte que le produit de l’activité des institutions d’enseignement soit en adéquation avec les besoins de l’économie » (Le courrier de Russie). Pour Valérie Pecresse les projets de pôle technologique et scientifique, le plateau de Saclay pour la France et Skolkovo pour la Russie  peuvent être le symbole du « rapprochement et de la concentration des talents » (Le courrier de Russie) entre entreprises et universités. Ce rapprochement reste une difficulté pour les universités françaises comme russes et passe non seulement par un volet de réformes mais aussi par un changement de culture dans laquelle l’entreprise serait plus valorisée voire au cœur des préoccupations, rêvons …


Dans le cadre de cette collaboration, le MIT participera à la création du SIST. Les experts du MIT conseillerons la Fondation Skolkovo, l’objectif est de faire du SIST un centre de recherche et d’enseignement de classe mondiale. Le MIT déclare “être passionné par ce genre de défi et par l’opportunité de créer en Russie un nouveau modèle pour l'enseignement supérieur et la recherche en science et technologie” (MIT news). Ce n’est pas une première pour le MIT qui pourra s’appuyer sur son expérience, ce qui en fait un partenaire de choix.  Le MIT a déjà participé à des créations de centres similaires. A la fin des années 50, le MIT participait à la création de l’Indian Institute of Technology à Kampur. Plus récemment, en 2007, le MIT et Abu Dhabi annonçait la création du Masdar Institute of Science and Technology. Enfin en 2008 et 2010, le MIT annonçait une collaboration avec le gouvernement de Singapour. Les deux partenaires ont  créé l’alliance MIT-Singapour for Research et un centre technologique conjoint à vocation pédagogique réunissant le MIT et la nouvelle université de technologie et de design de Singapour.

 

Dans les faits: le contrat devrait lier le MIT et le SIST pour une durée de trois ans probablement renouvelable. Le MIT déclare partager la même vision que la Fondation Skolkovo pour ce projet. C’est primordial car on peut penser que le SIST sera le projet universitaire technologique phare de Skolkovo au vue de la renommée du partenariat,  des budgets et du temps engagés … Le SIST sous l’impulsion du MIT devra être l’incubateur de l’excellence qu’elle soit académique ou pédagogique du projet Skolkovo, il rayonnera sur l’ensemble du projet s’il porte ses fruits. La coopération du MIT ne s'arrête pas à la sphère technologique, une collaboration entre la MIT Sloan School of Management et la toute nouvelle Moscow School of Management SKOLKOVO a déjà été annoncée. Skolkovo c’est d’abord aujourd’hui une école de commerce pour cadres supérieurs délivrant pour la première fois en Russie un titre de MBA.  L’école de commerce Skolkovo a aussi annoncé un deuxième partenariat avec une autre université de renommée mondiale, Cambridge. Cette annonce n’est pas étonnante, le MIT et Cambridge ont créé en 2000 le Cambridge-MIT Institute. Confirmant le proverbe: “les amis de nos amis sont nos amis”,  être partenaire avec le MIT c’est aussi être le partenaire de Cambridge. Les principaux objectifs du CMI sont la stimulation de l’innovation, l’émergence d’idées nouvelles, ces problématiques intéressent tout particulièrement les partenaires russes. Dans les faits ces partenariats se traduiront par des échanges de professeurs et d’étudiants entre les institutions, les étudiants en MBA à Skolkovo pourront suivre des cours à Cambridge, des professeurs de la Sloan School of Management viendront à Skolkovo donner des conférences …

 

 

 

 

 

 

 

F) Skolkovo, l’équipe d’encadrement: 

 

1.     Le Conseil d'administration de la Fondation Skolkovo:

 

Le Conseil d’administration de la Fondation Skolkovo est dirigé personnellement par le Président de la Russie Dmitri Medvedev. On retrouve au sein de ce conseil des personnalités du gouvernement et des institutions de financements des Start-ups et programme nationaux.

 

Membres:

      Igor Agamirzyan, PDG de Russian Venture Company

      Ivan Bortnik: chef du conseil de surveillance du Fonds d'aide aux PME innovantes dans les domaines scientifique et technique

      Arkadi Dvorkovitch: conseiller économique du président de la Fédération de Russie

      Vladimir Dmitriev: chef de la banque Vneshekonombank (une des deux grandes banques de réserve de Russie - “Bank for development projects of national significance”.

      Alexeï Koudrine, vice-premier ministre du gouvernement de la Fédération de Russie - et ministre des finances de la Fédération de Russie

      Elvira Nabioullina, ministre du Développement économique et du Commerce de la Fédération de Russie

      Youri Ossipov, président de l'Académie des Sciences de Russie

      Sergey Sobianine, le maire de Moscou

      Vladislav Sourkov, chef de cabinet du Bureau exécutif présidentiel

      Andreï Foursenko, ministre de l'Éducation et des sciences de la Fédération de Russie

 

2.     Conseil de de la Fondation Skolkovo:

 

La Fondation Skolkovo a un rôle de management dans le projet Skolkovo. Viktor Vekselberg, le président de la Fondation, est notamment très présent avec sa société Renova. Le Conseil oriente les décisions de la Fondation Skolkovo. Il est composé de sommités du Business international qui devront orienter le projet dans le bon sens. Viktor Vekselberg rencontre le Président Dmitri  

 

Co-Présidents:

 

Viktor Vekselberg, le président de la Fondation Skolkovo (présentation détaillée plus loin)

Craig Barrett, co-président du Conseil de Fondation Skolkovo, ancien président du conseil d’administration et Directeur General d’Intel.

 

Membres:

      Vaguit Alekperov, président de la compagnie pétrolière Lukoil

      Anatoly Alexandrov, Recteur de l'Université scientifique et technique Bauman de Moscou

      M. Esko Aho, vice-président exécutif de Nokia Corporation

      Martin Bouygues, Co-Président du français Bouygues groupe industriel

      Alexander Galitsky, Managing Partner de Almaz Capital Partners

      Mikhail Kovalchuk, président du Centre Scientifique "Institut Kourtchatov"

      Peter Löscher, Président et chef de la direction de Siemens AG

      Vladimir Rashevsky, président et chef de la direction de SUEK (Siberian Coal Energy Company)

      Ratan Tata, président de Tata Sons

      John T. Chambers, PDG de Cisco Systems, Inc

      Anatoli Tchoubaïs, le PDG de la Société russe des nanotechnologies (RUSNANO)

      Eric E. Schmidt, président executif de Google Inc

 

Viktor Vekselberg:

Viktor Vekselberg a été nommé par Dmitri Medvedev: “J'ai décidé que la partie russe de la structure de coordination à créer sera dirigée par Viktor Vekselberg Feliksovich”. Viktor Vekselberg a bâti une imposante fortune en se lançant dans les affaires dès 1988. Viktor Vekselberg a obtenu un doctorat en mathématiques à l’université 'Institut moscovite des ingénieurs en transport’. Il fonde en 1988 avec des amis mathématiciens la société KomVek (Kompanie Vekselberg). Cette société se spécialise dans le développement de logiciel et l’import-export avec l’Allemagne. KomVek achète des fils de cuivre en Russie qu’elle sait ensuite revendre en Allemagne. La société KomVek importe aussi des ordinateurs d’occasion d’Allemagne pour le marché russe.  Viktor Vekselberg a été de ceux qui étaient en position de voir la fin de l’URSS comme une opportunité.

 

 

Viktor Vekselberg va ainsi racheter grâce à l’apport que lui a procuré sa première société  des sites de production d'aluminium en Sibérie qui deviendront ensuite le géant Rusal, le producteur numéro 2 d’aluminium et d’acier. C’est peut-être ici que commence sa carrière d’oligarque et son destin de multimilliardaires, enchaînant les investissements notamment dans le secteur des hydrocarbures. Viktor Vekselberg diversifie ses activités au fil des années montant à hauteur de 13,7% dans le conglomérat d’entreprises suisses OC Oerlikon. Via sa holding IAE-holding, il est aussi actif dans l’énergie, dans la distribution de gaz, dans l’immobilier, il investit des milliards en Afrique du Sud dans l’extraction de matières premières avant d’être choisi par le président russe pour devenir le chef de la fondation Skolkovo. Pour Dimitri Medvedev il était important que le Business participe au projet et pas seulement, quoi de plus logique puisque le projet est directement tourné vers le développement du secteur privé et sa compétitivité. Choisir quelqu’un du Business, c’est aussi pour la machine politique russe essayer de communiquer positivement sur le projet en faisant signe d’ouverture.

 

 

 

 

 

 

 

IV)       Au-delà du projet, Skolkovo face aux défis de l’implémentation 

 

A) Skolkovo - un projet Top Down, devant promouvoir le bottom-up au quotidien.

 

Le projet Skolkovo est le grand projet de Dmitri Medvedev, il est difficile aujourd’hui de retrouver dans les médias l’homme, la femme, le Think Tank qui proposa l’idée de la création d’une “Silicon Valley” dans la banlieue de Moscou au Président de la Fédération de Russie. Dès 2009, Dmitri Medvedev a en tête le projet de modernisation de la Russie qui accouchera du projet de Skolkovo et son paquet de réformettes pour les Start-ups participant au projet. Accordons nous donc sur un point, ce projet russe dans la lignée de nombreux autres vient d’en haut. Le Kremlin est l’investigateur, le premier pourvoyeur de fonds. Que Dmitri Medvedev continue ou non sa carrière politique, qu’il retourne à la vie professionnelle, il cherchera à tirer des bénéfices, des dividendes de son projet. Il marquera d’ailleurs peut-être l’Histoire de la Russie du XXIème, la relançant dans la course à la technologie et l’innovation.

 

Ce projet est un projet qui vient d’en haut, un projet Top-Down. Pour autant pour réussir et aller au-delà du slogan (ce dont l’opinion russe à peur) il faudra s’appuyer sur les acteurs, les hommes qui composent le projet. «Vous ne réussirez pas à moins que chaque salarié ait l’innovation à cœur» (SmartBusiness), déclarait Tony Arnold, président et PDG de Solae Co., une entreprise conjointe pesant 1 milliard de dollars de DuPont et Bunge Ltd. De plus, la volonté d’entrer dans une économie de marché ne suffit pas, l’économie de la Fédération Russie est encore qualifiée d’économie de transition structurée autour de grandes entreprises comme Gazprom, Sibneft ... Le projet Skolkovo est un pas de plus vers cette économie de marché, le projet ne pourra pas s’appuyer sur une culture de l’entreprenariat, de la prise de risque et de l’échange aussi forte qu’aux USA. Ce n’est pas l’apanage des économies planifiées ou monopolisées.  Le projet devra donc participer à la naissance et au développement d’une culture de l’innovation et de l’entreprenariat en Russie, cela passe par un effort qui va bien au delà du projet Skolkovo, l’éducation des enfants et la valorisation de tel ou tel poste dans le foyer familial ou la société. Si les carrières militaires ou administratives sont valorisées au sein de la famille, à l’école et dans les lieux de socialisation de la jeunesse alors tout naturellement ces individus se porteront vers ces carrières. Dans un premier temps, le projet pourra s’appuyer sur les spécialistes internationaux qui apporteront leurs savoir-faire et leur culture de l’innovation, le retour d’un certains nombres d’immigrés russes pourraient aussi être un plus.

 

Malgré tout, la modernisation, l’innovation, l’entreprenariat sont placés en priorité dans les agendas des décisionnaires politiques russes soutenus par les grandes institutions internationales (FMI, BERD). Aux vues des documents disponibles, il semble qu’une politique claire d’innovation ait été définie par les décisionnaires aidés dans leurs tâches par des experts internationaux. Une journaliste de la Russian Television, Olga Orlova, avertit tout de même, les représentants du gouvernement russe sont susceptibles d’exécuter leur vision personnelle d’un projet, même si elle contredit l’avis d’expert technique, “les autorités sont réticentes à abandonner leur pouvoir” (Ergo).

 

Les questions clefs ont été posées et ont trouvé des réponses. 

1.     Pourquoi la Russie doit-elle innover ?  Diversification, Modernisation, Entreprenariat, IDE

2.     Dans quels secteurs la Russie veut innover ?  Les 5 villages de Skolkovo: Bio, Nucléaire, Efficacité Énergétique, Espace, Technologie de l’information et de la Communication.

3.     Comment la Russie souhaite innover et avec qui ? Technopôle, Participation de multinationale et de Start-ups, Centre de R&D

 

 

Le futur proche nous dira si ces intentions sont tenues. Un des principaux obstacles à la création d’une “Silicon Valley” sera sûrement le caractère Top-Down du projet. Le problème, c’est que les clusters imposés d’en haut ne fonctionnent pas. Nous aurions du mal à trouver un seul exemple qui s’est avéré un franc succès en raison de la seule intervention du gouvernement ou des conseils d’experts internationaux. La planification engendre rarement l’innovation et même en Chine, les gouvernements régionaux ont dépensé des milliards pour des installations obsolètes. Ce n’est bien sûr pas les managers politiques qui par la suite innoveront, ils fixent les directives, dans les faits seront-ils compris puis suivis par l’ensemble des participants du projet ? Un sondage a été fait par “The All-Russian Public Opinion Research Centre” auprès de 1500 personnes de plus de 18 ans sur Skolkovo. L’organisation a posé des questions sur le centre d’innovation Skolkovo, ce qu’ils pensaient à propos du projet, quelles notions ils y associaient. Un peu plus de 50% des sondés ne connaissaient que le nom du projet Skolkovo, le projet est très médiatisé sur les chaines de TV russes, une des sources privilégiées d’informations.  Les autres participants ont donné une définition un peu plus large du projet associant à Skolkovo des mots comme sciences, technologies avancées, innovation et Russie du futur. Le sondage a permis de montrer que Skolkovo était aux yeux de la population un projet qui compte, dont ils connaissent le nom. Les noms des personnalités associées au projet sont: Dmitri Medvedev, Vladimir Poutine, le directeur de Rosnano Anatoly Chubais, l’académicien Zhores Alfyorov et le directeur de la fondation Skolkovo, Viktor Vekselberg. Les Russes (40%) aimeraient aussi voir leurs proches travailler à Skolkovo, les 18-24 ans voyant d’ailleurs Skolkovo d’abord comme une opportunité de carrière.  

 

«Les entrepreneurs, pas les bâtiments et l'immobilier, sont la clé de l'innovation et la croissance économique. Oui, une région a besoin d'une bonne infrastructure et de talents pour développer un pôle technologique. Mais les gouvernements ne peuvent pas fabriquer l'innovation en mettant un ensemble de bâtiments High Tech à côté d'une université, ce que la Russie envisage de faire. " Bloomberg Businessweek. L’innovation ne se décrète pas, elle se favorise, se cultive dans le temps. Cela va à l’encontre du clientélisme politique réclamant des résultats à court terme et des projets Top Down imposés. La stabilité politique qu’ont apporté Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev et Russie Unie joue en faveur du projet, si le président élu en 2012 garde le cap. Pour favoriser l’innovation, l’entrepreunariat, l’émergence d’un écosystème de Start-ups, il faudra donner aux entrepreneurs et chercheurs des marges de liberté, du temps pour se former, susciter les initiatives et le Bottom Up dans un pays aux traditions bureaucratiques. "Nos employés sont habilités à conduire le changement de plusieurs façons, y compris par le développement de nouvelles compétences, des aptitudes. Il faut un effectif de classe mondiale pour atteindre l'innovation, la croissance et la différenciation des produits” SmartBusiness. Pour construire la prochaine vague de Clusters, les gouvernements devraient permettre aux entrepreneurs créatifs de créer leurs entreprises.  Ils devraient assurer certains financements et allégements fiscaux pour les entrepreneurs, accueillir des immigrants qualifiés, et améliorer les ressources éducatives. C'est la formule pour développer l'entrepreneuriat selon Vivek Wadhwa. L’Etat permet à certains individus de prendre des risques pour essayer de gagner gros dans une économie mondialisée dans laquelle “the winner takes all.”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B)                   Skolkovo, Medvedev, Poutine, 2012

La sphère politique est délaissée par la population russe et la présidentielle de 2012 approche à grands pas. Selon Lilia Chibanova, chef de l'institut de sondage indépendant Golos, « la concurrence politique est pratiquement nulle » Le Monde. Les opposants politiques à Russie Unie n’ont pas la visibilité médiatique suffisante pour émerger avant le scrutin de 2012, ils sont parfois discrédités comme Mr Kasparov ou dans des cas plus grave croupissent dans les prisons russes. Le cas Loukos en est un ténébreux exemple. Les élections législatives de 2007 ont de plus marqué le triomphe du partie majoritaire Russie Unie. Le parti remporta les deux tiers des voies dans les institutions parlementaires.  Siègent au coté de Russie Unie, le parti communiste, les nationalistes et un parti de centre-droit en accord avec l’exécutif en place, Russie Juste, rien ne pouvant mettre en grand danger l'hégémonie de Russie Unie.

Qui peut bien être président de la Fédération de Russie en 2012 à part un homme de l’appareil ? Vladimir Poutine premier ministre, ancien président et homme fort du Kremlin ou dans une moindre mesure Dimitri Medvedv, l’actuel Président de la Fédération de Russie sont les grands favoris donnés gagnants avant même d’avoir déclaré leur candidature. Ce qui transpire c’est que Vladimir Poutine sera probablement candidat en 2012 mais qu’en sera-t-il de Dimitri Medvedev ? Ce dernier sera-t-il candidat face à son mentor en politique en 2012 ? Pour de nombreux observateurs Dimitri Medvedev devait laisser la place de Président à Vladimir Poutine en 2012 qui repartirait logiquement pour deux mandats présidentiels. Officiellement et à l’approche du scrutin, rien n’est moins sure ! Le président Medvedev et les services du Kremlin entretiennent le suspens sur son éventuelle candidature qui donnerait une dynamique à la campagne, un candidat honorable à battre pour Vladimir Poutine.

On dit Dimitri Medvedev indépendant et prêt à en découdre. Pour autant le mercredi 18 mai, le Président de la Fédération de la Russie livrait une bien piètre prestation dans son fief de Skolkovo, deux heures de loghorrée devant la presse, "son suicide politique", selon la politologue Lilia Chevtsova. Un suicide politique peut être orchestré comme la sortie de la bande dessinée disponible depuis le 20 mai ici: http://superputin.ru/ et qui pourrait être financé par le Kremlin ou par un ami du Kremlin. Une bande dessinée présentant Vladimir Poutine en super-héro nordique triomphant face aux hordes de zombies maléfiques criant  "Libérez Khodorkovski !", "Nous voulons élire les gouverneurs !", "Rendez-nous NTV !" épaulé par Dimitri Medvedev et son iPad. Selon l’article publié le 27 mai par le journal Le Monde au titre évocateur de Super-Poutine contre le "gnome" Dimitri Medvedev serait « un peu ridicule » dans cette bande dessinée.

On nous présente souvent le Kremlin divisé en plus ou moins en deux ailes réunies au final derrière Vladimir Poutine. On retrouve d’un côté les Silovikis, des anciens de l’armée, de la police et du FSB ex KGB, les hommes d’action du président et de l’autre côté les libéraux issus de l’université de Saint-Pétersbourg anciennement Leningrad. Ces derniers ont joué un rôle important dans la privatisation de l’économie post-91, sa libéralisation et infine sa modernisation. Dimitri Medvedev est souvent dépeint comme faisant parti de ces libéraux modernisateurs alors que Vladimir Poutine ancien lieutenant-colonel du FSB semble plus conservateur. Dans les faits, Dimitri Medvedev a confirmé cette appartenance en mettant les mots-clefs Modernisation et Innovation au coeur de son action, il a dévoilé un programme de modernisation pour la Fédération de Russie. Lors des deux mandats précédents de 2000 à 2008, Vladimir Poutine avait fait de la stabilité sa priorité et  repris en main le pays: renforcement de l’armée, mise aux pas des oligarques… A chaque maux son remède, après la période Eltsine un redressement était sûrement nécessaire et c’est peut-être cette période de stabilité qui a permis à Dmitri Medvedev d’être dans une posture de réformateur. Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev ont certes deux styles différents mais on peut penser que derrière eux c’est aussi deux groupes de personnes qui s’affrontent entre les partisans d’une Russie campée sur une puissance traditionnelle centrée autour d’un pouvoir politique fort, de l’armée et de l’exploitation des ressources naturelles de la grande Fédération de Russie et de l’autre coté, les modernisateurs qui ont surement guidé le dernier président dans ses volets de réformes et son projet Skolkovo.

Le troisième président de la Fédération de Russie peut avoir toutes les bonnes intentions du monde, on peut même croire à sa volonté de  rupture par rapport  à la traditionnelle politique économique de la Russie basée sur l’exploitation des matières premières. Dimitri Medvedev est un président de continuité, un partenaire de route de Vladimir Poutine. Les modernisateurs et Dmitri Medvedev ne peuvent pas et ne veulent pas rompre avec la politique de l’homme fort du Kremlin. Dimitri Medvedev a dû suivre la feuille de route laissée par Vladimir Poutine. Ce n’est pas un président de rupture, c’est un président de continuité qui a sans doute essayé de donner une teinte à son mandat. Il a peut être d’ailleurs été choisi par Vladimir Poutine, ne pouvant se présenter, pour ses qualités de modernisateurs dont avait besoin le pays selon lui.

A l’approche des présidentielles de 2012, ce n’est pas par hasard si Dimitri Medvedev a choisi l’école de commerce des cadres de Skolkovo pour sa conférence de presse. Quel est le vrai projet différenciant de Dimitri Medvedev à mettre en valeur s’il se présente lors de la campagne de 2012 ? La réponse est Skolkovo. Le projet Skolkovo doit être pour Dmitri Medvedev le symbole de la politique de modernisation qu’il a menée entre 2008 et 2012. C’est d’ailleurs peut-être dans cette perspective qu’il a autorisé la sélection des 16 premiers participants au projet avant même la construction de la cité de l’innovation. Le projet Skolkovo  qui se limite aujourd’hui à une école de commerce pour cadre à 60 000€ l’année lui permettra-t-il d’être élu face à Vladimir Poutine ? Quelle image plaira le plus aux Russes: le technologiste un iPad à la main ou l’homme fort du Kremlin en Kimono ? De plus, si Medvedev a lui suivi la feuille de route laissée par Vladimir Poutine en 2008, ce dernier continuera-t-il la politique de modernisation du pays lancée par Dmitri Medvedev et dont le symbole médiatique est Skolkovo ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C)                  Interview on Skolkovo with an Independant Expert and Russian Phd.

 

1) As economist and citizen, what is your general perception of the project SKOLKOVO and what do you think of innovation in Russia ?

 

For me it’s quite obvious that Russia does not innovate enough. So the initial idea is good, the government wants to create the ideal place, the ideal chamber for innovation in a certain numbers of fields: Bio, Nuclear, IT, Energy, Space. The world largest companies can see Skolkovo as a meeting place with Russian start-ups. You don’t have to forget that Russia wants also to keep its Independence and Social matter a lot, even more with the proximity of 2012. Moreover Skolkovo is one of the projects of Modern Russia. In Russia in each field, there is a modernization project on the go.

 

2) What is the attitude of Russian political authorities facing SKOLKOVO ? How can

we appreciate this project  with a view toward the presidential campaign of 2012 ?

 

Russian President Dmitri Medvedev launched the project of Skolkovo, seeking diversification and modernization for the Russian Federation. Most authorities coming from the elected majority of the United Russia party do back the project, members of opposing parties sometimes do not. For example, the representatives of the Communist Party of Russia. This project is not only a communication operation for the campaign of 2012, it’s a long-distance project started in the end of 2009. However, the communication is really important in order to show and explain all the positives aspects that Skolkovo could bring to Russia. According to the Russian Television RT only 30% of Russians know the project and a certain part of the Russian citizens do not see the project positively, they may see it as another gift to the shadow economy, a waste of money … Why the state should give public money, taxpayers’ money to the private sector? To conclude, others also see Skolkovo project positively, understand that Skolkovo is good for the Moscow’s job market, may bring investments and could be positive for the global modernization of the Russian Federation.

 

3) Who do you think is really driving the project ? Do you know how the project

is financed ? Will Russian Businessmen invest in the project ?

 

A clear management scheme had been made for the project Skolkovo. The President of the Skolkovo Foundation and Businessman Viktor Vekselberg will drive the project with his team. He is reporting to the president of the Russian Federation, Dmitri Medvedev. Officials said that an effort of clearness will be done during the whole project. The government does build the infrastructure and all the communications, while companies later will build the facilities and all other things that are required. Russian businessmen as international investors and companies may invest in the project but yet for me Skolkovo still needs time to attract investments.

 

4) Finally, can we see SKOLKOVO as a good thing for the openness of the Russian

Business ?

 

Yes, definitely, Skolkovo will be good for the openness of the Russian Business in a certain number of fields. But still Russian Businessmen stay quite afraid facing the international competition and the competitiveness of international firms, they ask for time.

 

 

 

 

 

 

 

D)  La bureaucratie, la corruption, le nihilisme juridique: trois obstacles au projet.

 

M. Lopez-Claros en prenant la parole au Sommet des marchés émergents a déclaré: « Je ne vois pas pourquoi l'économie russe ne pourrait pas croître à la même vitesse que l'économie chinoise mais ce n'est pas le cas justement, en raison de la persistance de ces questions qui influent sur l'ensemble du climat d'investissement » « La Russie a réalisé un vaste travail en vue de développer la sphère macroéconomique, surtout après la crise de la fin des années 1990 » (Rianovosti). Selon l’expert, qui était dans les années 90 le chef du FMI à Moscou, la bureaucratie et la corruption, l’inadaptation du système juridique et son indépendance sont des freins qui font perdre de précieux points de croissance à la Russie. En 2007 la croissance de la Fédération de la Russie était de 8.1% et de 11.9 en Chine. Sans contredire l’expert on peut mettre en exergue que la croissance russe et la croissance chinoise ne se développent pas sur les mêmes fondamentaux, la Chine est l’usine du monde tandis que la Russie en est son réservoir.  Skolkovo devra faire face à ces trois maux qui rongent la Russie : Corruption, Bureaucratie et Nihilisme juridique. "Des choses comme la corruption, la tyrannie bureaucratique sont une maladie chronique de notre pays, à l'époque tsariste comme à l'époque soviétique, c'est toujours la même histoire" - Vladimir Poutine (ladepeche.fr).

 

Selon Opora, l’association de défense des petites et moyennes entreprises, les deux tiers des  PME russes sont visitées 5 fois par an par des agences gouvernementales et d’autres structures publiques. En 2006, il ne fallait pas moins de 70 licenses pour faire fonctionner une boulangerie en Russie (Les Echos). La complexité du système légal, les contrôles fréquents et  insistants, le nombre important d’agences gouvernementales entraînent des versements de pot de vin pour accélérer le Business dans un pays ou la plupart des versements ont lieu en liquide... L’Etat a sa part de responsabilité, si ses serviteurs sont corrompus à ce point, c’est avant tout parce qu’ils ne sont pas assez payés et trop nombreux. En 2006, selon Opora, 10% des dépenses des PME russes étaient consacrées à la Bureaucratie, autant dire à la corruption de fonctionnaires. Cela génère un mauvais climat pour les affaires, ce climat ne donne pas envie de se lancer dans l’entrepreunariat, les incubateurs créés dans les universités n’ont pas inversé la tendance. Les jeunes russes veulent devenir fonctionnaires, ce qui met mal à l’aise le Président Medvedev: « Est-ce un métier prestigieux ? Pas tellement. Est-il bien payé ? Il est mal payé. Donc on le choisit comme un moyen de s’enrichir vite » « On se dit : je prendrai cinq fois des pots-de-vin et ce sera fini, je lancerai mon affaire. Mais en général cela ne se passe pas comme ça, c’est comme ça pour toute la vie » (Républicain Lorrain). De plus les entrepreneurs russes quand ils réussissent à se lancer choisissent pour la plupart du temps une activité de commerce, d’import-export, de distribution,       « Dans les pays occidentaux, les PME contribuent en moyenne à hauteur de 50 % au PIB, qui représentent tous les secteurs de l'économie. En Russie, c'est 15-17 % du PIB et plus de 80 % de ces PME font du commerce, c'est ça la diversification...» Les Echos Andreï Netchaïev, ancien ministre de l'Economie et chef de la commission de soutien aux PME au parti d'opposition libéral

 

La Russie se classe à la 154 ème place sur 178 dans le classement de Transparency International sur la corruption et la bureuacratie. Les experts doivent donc bien avoir conscience du défi qui attend Skolkovo. Il est bien question dans un premiers temps de permettre à certaines start-ups jugées stratégiques par l’Etat de se développer sous la protection du bouclier Skolkovo. Skolkovo se traduira notamment par moins d’emprise de la bureaucratie sur ces start-ups puisqu’elles sont beaucoup moins imposables, elles n’ont d’ailleurs pas à tenir de comptabilité et ne payent pas d'impôts lors des premières années. Skolkovo sera un véritable cocon pour elles puisque d’autres formalités administratives seront allégées, les visas par exemple. Les start-ups résidentes à Skolkovo auront un avantage non-négligeable sur les autres. Quand on parle de Skolkovo, on parle aussi d’échange et de partenariat, on ne peut pas écarter les investissements et experts étrangers. La corruption et la bureaucratie restent pour eux un frein à l’expatriation en Russie. Skolkovo aura donc du mal à attirer massivement les meilleurs talents si le climat des affaires et le climat de la vie quotidienne qui en découlent ne sont pas améliorés durablement dans le temps. Un plan national contre la corruption pour 2010-2011 a été lancé par le Président Medvedev. Ce plan s’est surtout traduit par un renchérissement du prix moyen du pot de vin.

A cela s'ajoute le problème de nihilisme juridique dont la Russie a du mal à se débarrasser. Ce nihilisme juridique se traduit par un respect très relatif de la propriété privée et de la propriété intellectuelle. On peut voir ce nihilisme juridique comme une résurgence du soviétisme, la propriété privée y était alors très limitée, des réseaux de contrebande étaient d’ailleurs structurés pour importer illégalement des biens culturels (plus facilement transportable) en URSS. Ces réseaux ont continué leurs activités après 92, accroissant même leurs activités avec le développement de l’internet. Cela nuit à la production intellectuelle en Russie, les brevets ou les logiciels sont massivement piratés, il n’y a donc pas de demande interne permettant le développement d’entreprises, de services intellectuels ou de la R&D. Cela inquiète les grands groupes internationaux qui ne développent pas de solutions propres au marché russe, qui prend donc du retard.  Skolkovo acceuillera d’ailleurs un tribunal spécialisé dans la propriété intellectuelle. « C’est un bon choix, la tâche essentielle de Skolkovo consistant à assurer l’apparition des compagnies créant des produits intellectuels onéreux. Le coût des objets de la propriété intellectuelle créés sur le territoire de Skolkovo constitue l’un des critères du succès du Fonds et du projet dans son ensemble. La protection de la propriété intellectuelle est parmi les aspects principaux du projet et du Fonds Skolkovo. Nous espérons que le tribunal contribuera à défendre les droits des participants à ce projet. La cité des innovations est aussi un centre innovant » Igor Drozdov - Investisseurs.

 

Dans un pays où la bureaucratie, la corruption et le nihilisme juridique sont en toile de fond, il ne faut pas s’étonner si la population, l’homme de la rue, perçoit ce projet d’un oeil méfiant. Oui même si le Président de la Fédération de Russie s’est érigé en pourfendeur de la corruption, le mal est tenace et sa politique ne s’est pas traduite par des résultats positifs flagrants. L’homme de la rue peut donc être sceptique face à la corruption et à la bureaucratie, les entrepreneurs ont peur qu’ils prennent le contrôle du projet Skolkovo. La population pourrait d’ailleurs voir ce projet comme un autre grand cadeau aux puissants, de l’argent public versé au secteur privé, aux sociétés immobilières des oligarques et aux grandes multinationales. Les start-ups sélectionnées pour le projet bénéficieront d’avantages non négligeables, ce qui attirera bien sur la convoitise. Une politique de sélection claire n’a pas été définie (Moscow Times). Comment éviter le versement de pots de vin ou de jugements préférentiels pour le membre d’un clan, d’une famille, d’un parti politique dans un pays où c’est monnaie courante (15 000 crimes pour corruption par an - RiaNovosti) ? Pourquoi ce projet serait-il une exception ? La corruption, la bureaucratie, le nihilisme juridique sont bien des freins au développement de la Russie toute entière et du projet Skolkovo. Le futur proche nous dira si une politique exemplaire dans l’attribution des fonds publics et privés sera mise en place à Innograd, faisant ainsi taire les sceptiques. 

 

 

 

E) Trois scénarios pour Skolkovo:

 

Scénario 1: Skolkovo pourrait devenir à moyen terme (10 ans) une véritable Silicone Valley, essaimant en Russie. D’autres incubateurs et technopôles se développent sur l’ensemble du territoire russe, à Saint-Pétersbourg, à Tomsk, Ekaterinbourg, suivant le modèle de Skolkovo. L’Etat continue ses efforts de modernisation de l’économie, maintient les budgets et financements. Un écosystème de Start-Up tourné vers l’innovation, la création et l’industrie nait en Russie ainsi qu’une culture de l’entreprenariat, les premières start-ups se développent et deviennent de solides entreprises permettant à la Russie de rattraper technologiquement les pays qualifiés d’industrialisés. Dans le même temps les programmes de R&D portent leurs fruits et se succèdent montrant que la recherche russe n’est pas surévaluée et tient ses promesses. Au niveau macro-économique, la Russie peut toujours s’appuyer sur ses richesses du sous-sol, l’Etat investit une partie des bénéfices levés lors de l’exportation de ses ressources dans des programmes d’éducation, améliore les salaires des fonctionnaires, des militaires et policiers luttant de facto contre la corruption, le marché de l’emploi s’améliore grâce aux deux leviers développés, industrie de pointe et ressources naturelles. Ce dynamisme renforce l’attractivité de la Russie et de ses produits attirant des experts étrangers sur du long terme,  le pays possède une meilleure image et arrive à exporter services et production technologique.

 

Scénario 2: En 2012 le Président élu perçoit le projet Skolkovo comme un projet inutile, un projet qui n’a pas su apporter ses fruits rapidement. De plus quelques cas de corruption apparaissent au grand jour. La crédibilité du projet est mise à mal, l’Etat décide de continuer à financer en partie le projet mais les investissements publics sont revus de moitié dans les premières années. Les politiques russes se concentrent alors sur d’autres projets: la justice, l’armée, l’agriculture, les pipelines, la Chine … Skolkovo sort du spectre médiatique, le technocentre retombe dans un certain anonymat. Le projet d’urbanisme est revu à la baisse, les bâtiments sont tout de même livrés. Skolkovo devient un centre d’innovation à bas coût pour les grandes entreprises internationales. Skolkovo innove mais pour le reste du monde, pas pour la grande Russie. Les scientifiques russes sont d’ailleurs propriétaires des brevets sur le territoire de la Fédération, les multinationales produisent dans des pays ou les coûts de production sont plus faibles, dans leurs pays d’origine ou dans les marchés cibles.  La Russie globalement reste rongée par ses maux traditionnels que sont bureaucratie et corruption, exportant hydrocarbures et richesses de sous-sol. 80% des PME russes restent avant tout des lieux de commerce. Sur le long terme, le pays peut perdre sa culture scientifique si des programmes efficaces d’éducation ne sont pas mis en place.

 

Scenarios 3: Dans ce scénario, Skolkovo à moyen terme ne réplique pas toute les caractéristiques de la Silicon Valley mais devient une technopole qui rayonne fortement sur toute la Russie et la CIS, d’autres antennes de Skolkovo peuvent être envisagées à long terme en Russie. Même si Dmitri Medvedev n’est pas réélu en 2012, le Président nouvellement élu garde le cap et permet au projet de voir le jour convenablement, Mr Medvedev reste au Conseil d’Administration où il joue un rôle très actif. A moyen terme, la modernisation sort des priorités de l’Etat mais reste à l’agenda, le projet s’autofinance grâce aux entreprises présentes sur le site (2020). Skolkovo participe activement au rayonnement de la Russie, de sa science et de son économie. Le projet ne sera pas destiné seulement au développement de start-ups mais permet aussi aux grands groupes russes tel que Loukos, Gazprom, Rosneft d’acquérir de la technologie aux contacts d’entreprises internationales. Skolkovo attire un certain nombre d’experts et chercheurs internationaux qui voient Skolkovo comme une base arrière, le SIST permet de développer de nombreux partenariats avec des universités dans le monde. Skolkovo devient en quelque sorte un des poumons du Business à Moscou et en Russie, un lieu d’innovation et de rencontre qui compte dans le monde au XXIème. Les ressources du sous-sol comme le gaz ou les hydrocarbures restent la première source de richesse, Skolkovo permet de diversifier quelque peu le pays en soutenant les PME et apporte des innovations clefs à l’armée russe et aux grandes entreprises.

 

A la lumière de cette étude, je pense que ce dernier scénario est le plus probable. Si l’Etat apporte l’intégralité des fonds nécessaires à la construction de l’infrastructure et finance les premières startups assurant le lancement du projet, les qualités et défauts de la Russie devraient s’équilibrer et permettre un certain succès au projet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

 

·      « L'ambassadeur US pointe le manque de diversification de l'économie russe », RIANovosti,  MOSCOU, 28 juin.  http://fr.rian.ru/world/20100628/186975999.html

 

·     Rudiger, Ahrend, Donato de Rosa, William Tompson, “Russian Manufacturing and the Threat of ‘Dutch Disease': A Comparison of Competitiveness Developments in Russian and Ukrainian Industry”, OECD publications, 25 Jan 2007.

 

·      Russie: la politique étrangère doit profiter au développement (Medvedev), RIANovosti, 12/07/2010. http://fr.rian.ru/russia/20100712/187050355.html

·      Ben Aris. Arkadi Dvorkovitch : « Nous ne pouvons compter sur notre seul marché », Le Figaro, 20/04/2011. http://www.lefigaro.fr/publiredactionnel/2011/04/19/06006-20110419ARTWWW00512-arkadi-dvorkovitch-nous-ne-pouvons-compter-sur-notre-seul-marche.php

 

·    Priorité à la diversification de l'économie russe (Medvedev), RiaNovosti, 03/06/2009. http://fr.rian.ru/business/20090603/121841325.html

 

·      Russian President welcomes Nokia participation in Skolkovo , RiaNovosti, 03/06/2010. http://en.rian.ru/business/20100603/159293106.html

 

·      EADS ouvrira un institut de recherche au sein du Centre d’innovation russe Skolkovo, EADS Global Website, 03/03/11. http://www.eads.com/eads/germany/de/presse/press.af0d0617-c545-48b7-ad50-a5029779a4a1.0d73acd6-c09e-44eb-bf69-486343baf487.html

·      Alstom signe un accord pour participer au développement de la cité technologique de Skolkovo en Russie, Alstom Corporate, 02/03/11. http://www.alstom.com/fr/actualites-et-evenements/communiques-de-presse/Alstom-signe-un-accord-pour-participer-au-developpement-de-la-cite-technologique-de-Skolkovo-en-Russie/

 

·      Quénelle Benjamin, En Russie, l'innovation reste une affaire d'état, Les Echos, 03/11/2010. http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/enquete/020629443939-en-russie-l-innovation-reste-une-affaire-d-etat-155441.php

 

·      Medvedev’s Silicon Valley Dreams Won’t Happen Overnight, The Wall Street Journal 24/06/10. http://blogs.wsj.com/venturecapital/2010/06/24/medvedevs-silicon-valley-dreams-wont-happen-overnight/

 

·      Catherine Belton, Charles Clover, Medvedev sees chance for new world order, The Financial Times, 18/06/10. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/81a03be0-7ac0-11df-8549-00144feabdc0.html#axzz1Sgl18WjX

 

 

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Annexes:

 

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